Fun Radio est accusée d’avoir truqué les mesures d’audience

Fun Radio est accusée d’avoir truqué les mesures d’audience
Des mises en demeure ont été envoyées au groupe RTL et à Médiamétrie pour manipulation des mesures d’audience. De son côté la radio incriminée, Fun Radio, a estimé que ces attaques « ne tenaient pas la route ».

C’est un véritable séisme qui a secoué les ondes françaises ce mercredi 15 juin. Certains parlent déjà du « plus gros scandale jamais dévoilé autour des audiences radios ».

En effet, Fun Radio est accusée par ses concurrents directs : Skyrock, le groupe Lagardère (Europe 1, NRJ …), Next Radio et les Indés Radios d’avoir biaisé les mesures d’audience relevées par Médiamétrie.

Et ces grands groupes n’ont pas du tout l’intention de minimiser les faits, à tel point que des mises en demeure ont été adressées aussi bien au groupe RTL, la maison-mère de Fun Radio, qu’à l’institut de relevé d’audience, Médiamétrie.

Selon Les Échos un conseil d’administration a même été organisé au sein de Médiamétrie.

C’est le plus gros scandale de l’histoire de la radio

A lâché un concurrent qui n’a pas souhaité être cité.

Alors de quoi est accusée Fun Radio ?

Les animateurs de la matinale de Fun Radio, Bruno Guillon en tête, sont accusés, et depuis de nombreux mois, d’avoir clairement incité les auditeurs à favoriser la station lors des appels des enquêteurs de Médiamétrie.

Rappelons qu’à l’inverse de la télévision, l’audimat à la radio n’est pas mesuré automatiquement, mais qu’il l’est par sondage Médiamétrie, réalisé auprès d’un échantillon représentatif d’auditeurs. Ces derniers sont joints par téléphone et interrogés sur leur écoute des dernières vingt-quatre heures. Ces données sont ensuite publiées tous les trimestres.

Alors que très peu de sondés prennent le temps de répondre aux appels de Médiamétrie, Fun Radio aurait, depuis septembre, invité ses auditeurs et à leurs proches à prendre dix minutes de leur temps pour répondre à l’institut de sondage et surtout à dire qu’ils écoutaient exclusivement Fun Radio.

Ainsi, les concurrents arguent que justement les scores de Fun Radio ont augmenté « dans des proportions inédites » depuis septembre. Ils ont donc saisi le CESP, l’organise de contrôle des études médias, afin qu’il mène un audit. Celui-ci a révélé « des pratiques déloyales ».

Dans ces conditions les groupes de radios n’ont qu’un seul objectif : faire annuler la publication du prochain sondage, censé sortir le 12 juillet et qui porte sur les scores d’avril à juin.

Effectivement, lors du dernier sondage Médiamétrie (en mars dernier), Fun Radio avait gagné 0,8 points ce qui le plaçait devant France Bleu, RMC et quasiment au score d’Europe 1. Cette progression fulgurante aurait donc joué sur un regain d’intérêt de la part des annonceurs et donc des frais publicitaires inhérents.

Face à ces graves accusations, Fun Radio s’inscrit totalement en faux :

Cette attaque visant à dénigrer et déstabiliser est proprement scandaleuse

S’est offusqué Tristan Jurgensen, le directeur général de la station.

Il considère notamment qu’il s’agit d’une campagne de dénigrement, menée par

des concurrents tous en baisse depuis les derniers sondages, en particulier Europe 1, NRJ et NextRadio . C’est une manœuvre grossière pour dénigrer la marque Fun Radio et l’ensemble de la mesure d’audience. Comme par hasard, cette plainte surgit alors que les prochains sondages s’annoncent mauvais pour nos concurrents.

Cependant, Fun Radio concède avoir reçu de la part de Médiamétrie une mise en garde, en janvier, pour des propos « équivoques », mais que tout avait été remis en conformité depuis.

Si sur le fond de l’affaire, il reconnaît une certaine « maladresse », Tristan Jurgensen parle d’une émission à contenu humoristique et potache et que les propos n’ont « rien de répréhensibles »

C’est une tempête dans un verre d’eau. Ces plaintes ne tiennent pas la route.

A-t-il conclu.

La balle est pour l’instant dans le camp de Médiamétrie qui a entamé une étude pour connaître l’impact de ces pratiques sur les résultats de Fun Radio. L’ensemble des dirigeants de radios devrait être convoquées prochainement pour discuter des résultats de l’enquête.

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