En Finlande, envoyer une « dick pic » pourrait bientôt très mal se terminer pour vous

En Finlande, envoyer une « dick pic » pourrait bientôt très mal se terminer pour vous
La Finlande a décidé d'agir de façon très forte contre ceux qui considèrent qu'ils peuvent partager ce genre de clichés. Explications.

On pourrait presque parler de l’un des « maux » d’Internet. Avant les smartphones, les réseaux sociaux ou les applications de rencontre, le concept de « dick pic » ne représentait très probablement rien ou presque. Mais désormais, de nombreuses femmes en reçoivent souvent et n’hésitent pas à le faire savoir et à s’en plaindre. En Finlande, elles trouveront désormais une oreille attentive.

La Finlande a recours à l’arsenal juridique

L’an dernier, un footballeur star avait fait le buzz en envoyant une dick pic à la femme d’un coéquipier. Une situation qui avait donné un nouvel éclairage à un problème déjà connu. Il avait alors été sanctionné par l’attention médiatique qui a considérablement freiné sa carrière. La mannequin érotique Ginger Banks a imaginé une autre solution, très personnelle. Certaines applications tentent aussi de déployer des méthodes surprenantes.

Mais, il s’agit là de méthodes individuelles qui ne peuvent pas vraiment faire changer la situation. C’est sans doute pour cette raison que la Finlande a décidé d’agir plus fortement. Le pays nordique a en effet choisi d’avoir recours à la solution légale.

Le ministère de la Justice, a annoncé mardi 13 octobre que l’envoi non sollicité de photos de pénis pourrait désormais être sanctionné par une amende ou même une peine de prison. Le projet de loi devrait être présenté l’année prochaine, au Parlement, précise Le Parisien. Concrètement, le pays veut étendre la définition du harcèlement sexuel. Cela inclura désormais le fait « de harceler oralement, par des photos ou des messages , de prendre des photos d’autrui ou de s’exhiber soi-même ». A l’heure actuelle, le toucher est nécessaire pour définir le harcèlement sexuel en Finlande. La loi pourrait donc répondre à ce vide juridique.

Que risquez-vous pour une « dick pic » en France ?

Si la solution peut sembler extrême, il s’agit pourtant d’une réponse à un problème d’une ampleur insoupçonnée. Ainsi, l’ONG des droits de l’enfant Plan International a dévoilé grâce à une étude réalisée avec 14.000 personnes, que 35% des jeunes filles et jeunes avaient reçu un cliché de ce genre. La moitié avaient aussi été victimes de harcèlement sexuel. Plusieurs pays ou régions du monde ont déjà choisi d’agir comme l’Ecosse. Au Texas, l’envoi de clichés de ce genre peut être puni d’une amende de 500 dollars.

Qu’en est-il en France ? Comme l’expliquait le site 20 Minutes au mois de février 2019, il s’agit tout simplement d’une nouvelle version de l’exhibition sexuelle. Le média citait alors une étude dévoilé que 78% des femmes de 18 à 34 ans en France ont déjà reçu une « dick pic » non sollicitée. En 2017, la Miss France Camille Cerf poussait aussi un coup de gueule contre ces photos très osées.

Un avocat interrogé à l’époque expliquait que l’envoi intempestif de ce genre de clichés pouvait être passible d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende. Si les envois sont faits de façon répétée, on entre alors dans le cadre du harcèlement sexuel en France. Un comportement qui peut être punissable de deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende, selon le collectif Féministes contre le cyberharcèlement. Le problème réside souvent dans la difficulté à pouvoir être entendu par les forces de l’ordre et la justice. L’évolution à venir de la législation en Finlande montre toutefois que la situation est en train de changer.

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