Ce mercredi 18 mars, Mediapart a dévoilé les témoignages choc de huit femmes, dont une mineure au moment des faits, qui accusent Patrick Bruel de tentatives de viol et/ou d’agression sexuelle. Si l’affaire vient seulement de ressurgir, les premières accusations remontent à 2019, lorsqu’une esthéticienne de 21 a affirmé que le chanteur lui aurait demandé une prestation sexuelle pendant un massage. Par la suite, d’autres femmes ont évoqué un comportement déplacé ou exhibitionniste lors de leur rencontre avec l’interprète de Casser la voix.
Si toutes ces affaires ont été classées sans suite, faute d’éléments permettant de caractériser une infraction pénale, Patrick Bruel doit cependant faire face à de nouvelles accusations. En 2024, une plainte a été déposée contre lui par une femme, au parquet de Saint-Malo. Elle l'accuse de l’avoir violée en 2012, lors du Festival du film britannique de Dinard.
L’année suivante, Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, a elle aussi porté plainte pour tentative de viol et agression sexuelle, relatant des faits qui se seraient produits en 1997, au Festival du film français d’Acapulco (Mexique).
Un nouveau témoignage accablant
Quelques jours après la parution de l’enquête de Mediapart, une attachée de presse belge a livré un nouveau témoignage glaçant dans les colonnes de la DH, à propos de sa rencontre avec Patrick Bruel. Karin Viseur a raconté qu'en 2010, alors qu'elle s'occupait de la promotion du film Comme les cinq doigts de la main, l'artiste aurait eu un comportement plus qu’ambigu envers elle. "Quand il désirait me parler, il devait d’office me toucher, me prendre par l’épaule ou par la taille et être à dix centimètres de moi (…). Je me suis simplement dit qu’il ne voulait peut-être pas que tout le monde entende ce qu’il pouvait dire", s'est-elle ainsi souvenue.
À l'hôtel, Patrick Bruel lui aurait même fait savoir sans détour qu'il ne voyait pas d’inconvénient à ce qu’ils passent la nuit ensemble, allant jusqu'à lui lancer : "Tu me plais bien". Dans les bureaux de la RTBF, il aurait ensuite continué à faire preuve d'une vive insistance.
Il m’a prise dans ses bras et a voulu m’embrasser. Je disais non, tout en gardant le sourire… Tu ne sais pas comment réagir (…). Il m’a attrapée par les hanches, il a essayé d’abaisser mes bas collants, a baladé ses mains, les remontant sous ma robe.
Et alors qu’il lui aurait "demandé de lui indiquer les toilettes", le propriétaire d’un palace à L’Isle-sur-la-Sorgue aurait usé de ce prétexte pour ensuite avoir les mains plus que baladeuses :
Il est venu me demander de lui indiquer les toilettes. Je l’y ai conduit. Et de force, il m’a prise et m’a emmenée dans l’une d’entre elles. Il m’a embrassée, mis la main aux fesses, à nouveau sous ma robe.
Un jugement biaisé ?
À l'époque, si l'attachée de presse assure avoir repoussé Patrick Bruel à chacune de ses tentatives, avec le recul, elle considère n’avoir pas su mesurer la gravité de la situation. "Même si je me rendais bien compte que c’était de l’abus, je n’ai pas su directement mettre les mots sur ce qu’il s’était passé. (…) J’étais jeune dans le métier… Et quand quelqu’un est autant adulé, c’est difficile de croire qu’il puisse être comme ça", a-t-elle déploré.
Pour rappel, Patrick Bruel nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés, rejettant toute forme de "violence" ou de "contrainte". Il y a quelques jours, sur le plateau de Tout beau tout n9uf, Me Christophe Ingrain déclarait d'ailleurs que son client est "profondément attristé par les souffrances que l'on perçoit à la lecture des témoignages des femmes relatés dans cet article".
Mais jamais il n'a cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel. Il affirme n'avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel. À nouveau, la justice tranchera si elle en est saisie.
Affaire à suivre.