Voilà déjà plusieurs années que Michel Drucker présente l’émission Vivement dimanche sur le service public. D’abord sur France 2, de septembre 1998 à juin 2022, puis sur France 3. Sur le plateau, le doyen du PAF en a vu défiler de nombreux invités.
Dans le podcast En Raphäl, l’animateur de 83 ans s’est confié, comme à son habitude, sur son parcours. Et il a accepté de lever le voile sur l’une des pages méconnues de sa carrière : son refus catégorique d’inviter les membres de la famille Le Pen dans son émission.
"Ma mère ne me l'aurait pas pardonné"
Au fil des années, Michel Drucker a reçu sur son plateau plusieurs personnalités politiques. Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy ou encore Jean-Luc Mélenchon, entre autres, ont tous eu droit à une invitation. En revanche, aucun membre de la famille Le Pen n'a jamais été accueilli dans Vivement dimanche. Les raisons de ce refus n’ont jamais été expliquées jusqu’à son entretien avec le journaliste Raphäl Yem.
Dans le nouvel épisode du podcast En Raphäl, diffusé le 10 mai dernier, le présentateur, qui est revenu sur le décès de Chantal Nobel, a choisi de s'en expliquer pour la première fois. L’octogénaire a ainsi évoqué une histoire familiale se rapportant à la Seconde Guerre mondiale.
"Évidemment que j’ai peur des extrêmes. (…) Les Le Pen c’était très compliqué pour moi. Ils m’en voulaient beaucoup de ne pas les recevoir, parce qu’à l’époque j’avais reçu Arlette Laguiller, j’avais reçu Mélenchon quand il était ministre de Jospin, le petit facteur Olivier Besancenot…", confie-t-il dans un premier temps.
Et de révéler :
Mais venant d'où je viens et compte tenu du passé de mes parents, prendre des gens d'extrême droite sur mon plateau, ma mère ne me l'aurait pas pardonné.
Issu d’une famille juive roumaine, Michel Drucker est au courant des épreuves difficiles vécues par ses parents pendant la guerre. Sa mère, Lola Schafler, a échappé à la Gestapo tandis que son père Abraham a été incarcéré à la prison de Flers, puis de Caen.
Michel Drucker très attaché aux valeurs du Front Populaire
Toujours lors de cette interview, l’ami de Patrick Sébastien a rappelé ce que Léon Blum, figure du socialisme, représentait pour sa famille. "Mes parents étaient des gens de gauche (…) Mon père il était beaucoup plus proche du Front Populaire de Léon Blum, et pas celui de Mélenchon rien à voir. (…) Le Front Populaire de 1937, c'est l'année de la naturalisation de mes parents, donc je suis très attaché à cette époque. S'il n'y avait pas eu la gauche de Blum en 37, je ne serais pas Français", a-t-il déclaré.
De ce fait, Michel Drucker reste ferme sur ses positions.
Je ne me voyais pas recevoir la famille Le Pen, qui était une famille en morceaux complètement éclatée. (…) C'était impossible.
Qu’en pensez-vous ?