L’enfer des travaux. En couple depuis bientôt douze ans, Kad Merad et Julia Vignali sont tombés amoureux d’une ferme située à Mary, une petite commune de Saône-et-Loire, en Bourgogne. Un bien qui tombait en ruines, mais typique de la région et qui ne manquait pas de charme. Ainsi, après en avoir fait l’acquisition, Kad Merad et Julia Vignali décident d’en faire leur résidence secondaire mais aussi le lieu de réception de leur mariage, célébré dans la plus stricte intimité en 2022.

Comme l’a rapporté La Provence, le couple s’est alors tourné vers Elisa Q., une architecte qui leur a proposé de démolir la maison principale, jugée trop insalubre, pour mieux se concentrer sur la rénovation de la grange. Estimant le budget des travaux à 770 000 euros, elle a recommandé au couple de confier le chantier à Robert G.L., le patron de la société Dr House. Malheureusement, rien ne va se passer comme prévu et l’affaire va se finir devant le tribunal.

Une somme colossale

En effet, Kad Merad et Julia Vignali ont saisi la justice. Ce mardi 10 mars, ils se tenaient tous deux à la barre du tribunal correctionnel de Marseille, affirmant avoir été escroqués par Elisa Q. et Robert G.L, qui n’a pas jugé utile de se présenter à l’audience.

Face aux juges, l’avocat des plaignants a résumé la situation : "Ce projet sympathique s'est transformé en cauchemar pour les époux Merad. Ils ont accepté un budget de 770 000 euros incluent l'acquisition foncière et les travaux, contracté un prêt pour le financer. Il va coûter au final 1,9 million d'euros, soit une hausse de 200%", a d’abord expliqué Me Silvio Rossi Arnaud.

Il a ensuite dénoncé une sous-estimation volontaire des coûts de la part de l'architecte, malgré des premiers devis largement supérieurs. Elisa Q. aurait également recommandé un artisan incapable de réaliser les travaux demandés, par souci financier. "On a été complètement trompés", a ajouté Julia Vignali.

Déjà pour le toit et les murs, il y en avait pour plus d'un million. Nous n'avons pas choisi des tuiles en or !

L’acteur et l’ancienne animatrice des Maternelles auraient même été contraints de vendre leur résidence principale pour régler les dettes de leur maison secondaire, désormais revendable à perte. S’estimant victimes d’escroquerie, Kad Merad et Julia Vignali réclament plus d'1,7 million d'euros de dédommagement, pour préjudices financier et moral.

L’architecte se défend

Toujours selon nos confrères de La Provence, qui ont assisté au procès, Elisa Q. a vivement contesté les faits qui lui sont reprochés, déclarant n’avoir "jamais rien dissimulé" au couple. "Les devis présentés lors de la première visite étaient pour la maison principale, pas la grange", a-t-elle d'ailleurs précisé.

Ensuite, l'estimatif était noté "non contractuel", il concernait la grange seulement, pas les autres travaux : pool house, piscine, etc.

Loin d’être à court d’arguments, la prévenue a expliqué que son rôle en tant qu'architecte n'était pas de suivre les travaux, durant lesquels le budget a pourtant été largement dépassé.

Pour finir, Elisa Q. a pointé du doigt le comportement des deux époux, qui avaient pour projet de collaborer avec la Fondation Brigitte Bardot et de recueillir des animaux dans leur domaine bourguignon. Elle aurait notamment "été pourrie par Monsieur Merad pendant 1h30", lorsque celui-ci a découvert le retard de la construction du pool house et les problèmes de trésorerie de Robert G.L.

Elle aurait alors avancé les frais, à hauteur de 40 000 euros, sans avoir été remboursée par le couple :

Quand j'entends "manœuvres frauduleuses pour nuire et dissimuler", je ne vois pas très bien ce que je fais là.

Le verdict sera rendu le 28 avril prochain.