Patrick Bruel est dans la tourmente depuis les révélations de Médiapart. En mars dernier, le site d’informations publiait les récits glaçants de plusieurs femmes dont une mineure au moment des faits, qui accusent Patrick Bruel de viol et/ou d’agression sexuelle.
Les premières accusations remontent à 2019, lorsqu’une esthéticienne de 21 ans a affirmé que le chanteur lui aurait demandé une prestation sexuelle pendant un massage. Par la suite, d’autres femmes ont raconté qu’il aurait eu un comportement déplacé à leur égard ou fait preuve d’exhibitionnisme en leur présence. Mais alors que toutes ces affaires ont été classées sans suite par la justice, Patrick Bruel va devoir rendre des comptes.
En 2024, une femme a déposé plainte au parquet de Saint-Malo. Selon la plaignante, les faits auraient eu lieu en 2012, lors du Festival du film britannique de Dinard. L’année suivante, c’est Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, qui a porté plainte pour tentative de viol et agression sexuelle, relatant des faits qui se seraient produits en 1997, au Festival du film français d’Acapulco (Mexique).
Des révélations en pagaille
Patrick Bruel est ainsi actuellement visé par trois enquêtes judiciaires : deux en France et une en Belgique. En outre, dans une nouvelle enquête parue la semaine dernière, Mediapart a recueilli pas moins de quinze nouveaux témoignages glaçants, entre celui d’une ancienne prétendante à Miss France ou celui d’une victime présumée qui aurait vu leur rendez-vous professionnel virer au cauchemar. Au total, près d’une trentaine de femmes ont brisé le silence pour dénoncer les supposées violences sexuelles du chanteur.
À la suite de ces révélations, de nombreuses associations ont réclamé l’annulation de ses concerts prévus cet été. Et elles ont bien décidé de se faire entendre. Ainsi, ce dimanche 10 mai 2026, aux alentours de 10 heures, plusieurs dizaines de personnes se sont retrouvées devant l’hôtel de Patrick Bruel, situé à L’Isle-sur-la-Sorge, dans le Vaucluse.
Un rassemblement organisé pour "soutenir les victimes de violences sexuelles", comme l’a rapporté BFMTV, et exiger la suspension du partenariat entre la marque de Patrick Bruel et la ville. "Violeur, on te voit", a-t-on notamment pu lire sur une banderole tenue par les manifestants, tandis que d’autres allumaient des fumigènes violets.
Fin de carrière pour Patrick Bruel ?
Le collectif Salon Féministe a relayé plusieurs images de ce moment sur les réseaux sociaux. Le mois dernier, l’association avait déjà réclamé l’annulation de la tournée de Patrick Bruel, Alors Regarde 35, dont le début est programmé pour le mois de juin. "Si la tournée est maintenue, les féministes seront là, partout, à chaque date, dans chaque ville", a d’ailleurs averti le collectif.
Une cause à laquelle s’est joint Christophe Baudet. Au micro de RTL, l’ancienne tête de liste d'opposition à L'Isle-sur-la-Sorgue a demandé "une suspension de tout partenariat avec M. Bruel", faisant référence à la municipalité qui collabore avec la marque Domaine de Leos, qui appartient à l’interprète de Casser la voix.
En attendant, Patrick Bruel nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés et s’est dit "profondément attristé par les souffrances que l'on perçoit à la lecture des témoignages des femmes relatés dans cet article". Il reste pour le moment présumé innocent.