Une petite bombe qui va nourrir l’impatience d’un public adepte de gros sons mélangeant la violence et les beaux sentiments.

Il y a trois ans, on avait découvert de nouveaux représentants de la scène électro française, avec un premier EP et des titres comme "AVIV", "HOREF", puis des singles comme "R MAX" , ou encore "Casting". Depuis le début de l’année, deux singles sont sortis, "Ancilla Domini" et "Halo". C’est ce dernier qui retient toute l’attention, avec la sortie d’un clip tout en chaleur, danses enivrées et percussions toujours aussi puissantes.

Ce très beau morceau est parfait pour l’été, une ballade électro bourrée d’énergie. Comme le son, l’image dégage une mélancolie heureuse. En gardant partie de l’esthétique gabber, et une ambiance urbaine réaliste mais en séjour sur la côte, les quatre parisiens du collectif CTRFÇN proposent avec leur clip un montage alternant images en HD léchées et captations vidéo amateur, type film de vacances.

Une promenade presque apaisée d’un couple, entre hier et aujourd’hui, de l’amour, et donc un pas de côté d’une fraîcheur intense après des clips à l’univers très sombre.

Halo, pause dans le jumpstyle

Il y a, comme depuis les premières sorties de Contrefaçon, cette énergie violente et désespérée, on pense au travail de Koudlam sur Benidorm Dream, avec notamment les morceaux "Negative Creep" ou "Transperu", on pense aussi, un peu, à quelques hymnes récents de The Blaze. Mais surtout, on entend que quelque chose a évolué, par exemple par rapport à leur titre "Danser Penser" de 2017, qui plaquait une voix d’outre-tombe sur des cordes d’église. Il y a toujours autant de travail, d’énergie, mais l’harmonie entre les nappes électro clinquante et les beat intemporels d'une techno tendance hardcore se fait sans effort apparent, sans forcer, et Halo a la matière de l’évidence.

Difficile à définir, inutile de toutes façons de catégoriser, la musique de CTRFÇN est à découvrir en live avant de se lâcher sur l’album, prévu pour cet automne. Hâte.