États-Unis : des prisonniers torturés avec « Baby Shark »

États-Unis : des prisonniers torturés avec « Baby Shark »
Deux gardiens d’une prison de l’Oklahoma se sont servi de la chanson "Baby Shark" pour torturer des prisonniers.

Ils viennent d’être inculpés le 5 octobre pour actes de cruauté, punitions corporelles et conspiration. Trois agents pénitenciers de l’Oklahoma ont en effet forcé des prisonniers à écouter « Baby Shark » en boucle.

Les faits se sont déroulés de novembre à décembre 2019. À au moins cinq occasions impliquant cinq prisonniers séparément, deux des accusés plaçaient un détenu dans une pièce vide. Ils le menottaient ensuite au mur, le forçant à se tenir debout pendant plusieurs heures.

Ils mettaient alors la chanson « Baby Shark » sur un ordinateur en boucle et à haut volume, obligeant le détenu à écouter. C’est le New York Times qui a rapporté ces faits.

Des détenus privés de sommeil

Le troisième accusé, censé être le superviseur des deux premiers, n’a vu aucun problème dans ce traitement des prisonniers et l’a au contraire laissé passer. Au moins deux des victimes ont été tirées de leur sommeil pour écouter en boucle « Baby Shark ».

D’après des enregistrements, l’un des deux a subi cette torture peu après 3 heures du matin et l’autre à 2 heures du matin. Une privation de sommeil qui vient s’ajouter au reste.

David Prater, le procureur du comté d’Oklahoma, a déclaré que cette pratique avait provoqué chez les détenus qui en étaient victimes :

Un stress émotionnel insupportable

alors que ces détenus « souffraient probablement déjà » du fait d’être menottés à un mur.

« Un moyen de discipliner les détenus »

Alors qu’ils sont dans l’attente de leur procès, les deux surveillants pénitentiaires de 21 ans ayant commis les faits ont démissionné, et ce, dès l’enquête interne qui avait été menée suite aux plaintes de détenus. Le superviseur, lui, est parti à la retraite. L’un des accusés a confirmé avoir utilisé une salle vide pour ces actes viles.

Il les a justifiés ainsi selon un des enquêteurs en charge de l’affaire :

C’était un moyen de discipliner les détenus et de leur donner une leçon, car ils estimaient que les mesures disciplinaires au sein du centre de détention ne permettaient pas de corriger le comportement des détenus.

Ils encourent tous trois une peine de prison d’un an et une amende de 1000 dollars.

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