Neuf mois après la condamnation de Cédric Jubillar à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine, l’affaire vient de connaître un coup de théâtre. En effet, comme l’a révélé La Dépêche du Midi ce lundi 6 juillet 2026, le principal suspect de cette affaire qui est longtemps restée non élucidée a reconnu sa culpabilité dans une lettre adressée à ses avocats.
Au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue le jour même, ces derniers sont revenus sur les aveux tardifs de leur client, dénonçant, selon eux, une enquête "bâclée" :
Il y a eu des anomalies, des failles terribles qui auraient pu conduire à la culpabilité avérée de M. Jubillar dès le premier jour, les premières semaines, ils sont vraiment passés à côté du dossier.
A assuré l’un d’entre eux, devant les caméras de BFMTV.
Une prise de parole nécessaire
"Il avait besoin et envie de parler", ont continué les hommes de loi, se réjouissant d’avoir "fait sauter le bouchon du déni", après avoir su "créer un véritable lien de confiance avec Cédric Jubillar". Mes Pierre et Guy Debuisson ont expliqué que leur client a décidé de passer aux aveux "pour ses enfants" et afin de "donner une sépulture" à leur mère, sur laquelle ils pourront se recueillir.
Cédric Jubillar serait aujourd’hui très touché "par le fait d’être résumé au pire geste de sa vie", qu’il dit "regretter plus que tout". En outre, le père de famille serait très affecté par "l’absence de lien" avec ses enfants, Louis et Elyah, aujourd’hui respectivement âgés de 12 et 7 ans.
Depuis sa mise en détention, celui qui a jusque-là toujours nié avoir joué un quelconque rôle dans la disparition de sa femme a reçu l’interdiction formelle de prendre contact avec eux, y compris par correspondance. Ses avocats ont toutefois tenu à souligner que Cédric Jubillar aurait écrit "pauvres enfants, pauvres Delphine" dans sa lettre, visiblement pris de remords.
En libérant sa conscience, il voulait aussi démontrer qu’il y avait peut-être une autre image de lui, c’est-à-dire une sensibilité incontestable et des remords extrêmement profonds vis-à-vis de ses enfants et vis-à-vis des tiers.
Ont-ils analysé, dépeignant le portrait d’un homme "terrorisé depuis le premier jour".

Un homme froid et calculateur ?
Pourtant, tous ne tiennent pas le même discours concernant l’intéressé, qui semble s’être vite consolé de la disparition de son épouse, à qui il avait passé la bague au doigt en 2013. En effet, entre avril et juin 2021, une dénommée Séverine L. est entrée dans la vie de l'artisan, précédée par deux autres femmes, seulement quatre mois après la disparition de Delphine Jubillar.
Dans les colonnes de Paris Match, la femme de 45 ans s’est livrée en toute transparence, complètement bouleversée par l'épilogue de cette affaire. Malgré le coup de foudre avec le prévenu, Séverine dit avoir rapidement été envahie par les doutes. Raison pour laquelle elle a interrogé son cher et tendre un soir de 2021, sur le supposé départ soudain de Delphine Jubillar, qui a fini par lui paraître suspect.
Si l’on en croit les propos de celle qui travaillait comme agent logistique au service lingerie de l'hôpital psychiatrique de la ville d'Albi, Cédric Jubilar lui aurait répondu très sérieusement et sans sourciller qu'il l’avait "enterrée dans la ferme qui a brûlé".
Plus qu’ébranlée par cette confession inattendue, Séverine a alors voulu en savoir plus en le questionnant sur l'incendie de la grange située près du domicile familial. Ce à quoi son compagnon de l'époque aurait admis avoir mis le feu à la grange.
Cependant, les résultats de l’enquête ont démontré qu'il ne pouvait pas en être l'auteur, au vu de son emploi du temps établissant qu'il se trouvait alors sur un chantier situé à plusieurs kilomètres des lieux.
Une femme trahie
"Je suis anéantie. Il m'a trahie. Je me suis battue pour lui, je l'ai soutenu pendant deux mois et après, pendant quatre mois avec des mandats en prison", a déploré Séverine, dans les colonnes de Paris Match. C’est au printemps 2021, alors que l'instruction était encore en cours, qu’elle a commencé à fréquenter Cédric Jubillar, pourtant considéré comme le principal mis en cause dans la disparition de la mère de ses enfants.
Le téléphone de Séverine a alors été placé sur écoute, ses moindres déplacements surveillés par les gendarmes, qui ont pu très vite constater qu’elle séjournait à Cagnac-les Mines, chez les Jubillar, lorsqu'elle n'avait pas la garde de son fils. Pareil pour Cédric Jubillar, qui était également le bienvenu au domicile de Séverine, situé à la sortie d'Albi.
Selon la quadragénaire, cette idylle lui a coûté cher. La plupart de ses proches lui auraient ainsi tourné le dos et elle a même été auditionnée pendant trente-six heures en garde à vue en 2022, pour recel de cadavre. Les enquêteurs l’ont soupçonnée d’être bien au fait des présumés agissements de Cédric Jubillar, jusqu’à ce qu’elle parvienne à prouver son innocence.
Cinq ans plus tard, Séverine n’en revient toujours pas des aveux de son ex, alors qu’elle avait tout fait pour le soutenir.
Il m'a épuisée pendant toutes ces années. Je ne souhaite de mal à personne, mais là, franchement, qu'il reste en prison très longtemps. C'est un taré, ce mec. Je me sens si seule ce matin.
A-t-elle lâché, dépitée et révoltée.
Un acte lourd de conséquences
Au-delà de ses propres désillusions, Séverine dit surtout penser aux deux enfants de Delphine et Cédric Jubillar, qu’elle a pu côtoyer le temps de leur liaison et auxquels elle s'était fortement attachée. "Je ne regrette jamais le passé. Et puis… J'aurais donné deux mois d'affection à Louis et Elyah", déclarait-elle en 2022, malgré sa rupture avec leur père.
Et rien n’a changé malgré ce retournement de situation, comme elle l’a réitéré ce lundi 6 juillet, toujours auprès de Paris Match :
Je pense si fort à ses enfants. J'ai passé des moments merveilleux avec eux, Louis surtout que je protégeais parfois des colères soudaines de son père. C'est, aujourd'hui, la seule chose qui me console un peu.
Delphine Aussaguel, épouse Jubillar, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, date à laquelle elle n'a plus jamais donné signe de vie. À l'époque, Cédric Jubillar avait appelé la gendarmerie à 4 heures du matin pour signaler sa disparition, se disant inquiet.
Malgré de nombreuses battues qui ont réuni des milliers de personnes, le corps de Delphine Jubillar n’a jamais été retrouvé. Plus de six ans après les faits, Cédric Jubillar est toutefois prêt à soulager sa conscience et à collaborer pleinement avec les autorités.