Ce mardi 12 mai, à partir de 21h10, France 2 diffusera Renaud à cœur perdu, un documentaire consacré au chanteur. C’est notamment grâce à sa fille, qui a travaillé main dans la main avec Tancrède Ramonet, que le projet a pu voir le jour.

En effet, Lolita Séchan a volontiers permis au réalisateur de consulter les archives et autres documents de sa famille, comme le journal intime de son grand-père, Olivier Séchan. Et si l’on en croit ses écrits, le père de Renaud vivait très mal la notoriété de son fils, visiblement envieux de sa carrière.

Une ascension fulgurante

Il faut dire que Renaud a su marquer son époque. Avec plus de quarante ans de carrière à son actif, il reste d’ailleurs toujours aussi populaire auprès des foules. Septième d’une fratrie de huit enfants issus d’une famille recomposée, celui qui fête ses 74 ans ce mardi 12 mai est né à Paris en 1958, dix minutes avant son frère jumeau, David. C’est leur père, Olivier Séchan, traducteur d’allemand et de néerlandais mais aussi auteur de romans policiers, qui a donné à Renaud le goût de l’écriture, mais pas celui des études.

Fan de l’époque des yéyés, il claque la porte de son lycée en 1969, pour se lancer dans la vie active et interpréter des chants aux paroles engagées sur son temps libre, dans la rue ou des cabarets. En 1971, l'ex-mari de Dominique Quilichini a fait la rencontre de Patrick Dewaere, qui lui ouvre les portes du show-biz, lui permettant de lancer sa carrière.

Des rapports tendus ?

Pourtant, malgré le succès, Renaud entretenait des rapports quelque peu compliqués avec les membres de sa famille, notamment son père. Ce dernier a été décrit comme un homme intimidant, attaché à une éducation bourgeoise stricte, qui consacrait le plus clair de son temps à son activité d’intellectuel. D’autant plus qu’Olivier Séchan avait raflé le prestigieux prix des Deux Magots en 1942, pour son roman Les corps ont soif.

Mais cela n’était visiblement pas suffisant à ses yeux, lorsqu’il comparait sa carrière d’écrivain à celle de son fils. D’autant plus que le père de famille a dû sacrifier ses ambitions littéraires pour écrire des livres destinés à la jeunesse, un marché bien plus rémunérateur. Au point d’en développer une jalousie maladive ?

Olivier Séchan ne répondra jamais à la question puisqu’il a quitté ce monde en 2006. En revanche, dans son journal intime, il n’avait pas caché sa frustration :

Le succès de mon fils me tue.

Avait-il ainsi écrit.

De quoi profondément bouleverser Renaud lorsqu'il a feuilleté le carnet, avant de ressentir une forme de "culpabilité d'avoir réussi, et pas son père", a expliqué David Séchan.