Le meurtre de la petite Lyhanna a plus que secoué les Français, qui n’en décolèrent pas. La jeune fille était portée disparue depuis une semaine, après avoir avoir été aperçue à la sortie de son collège de Fleurance, dans le Gers.
Les soupçons des enquêteurs se sont alors très vite tournés vers un dénommé Jérome Barella, qui connaissait bien Lyhanna puisqu’il n’est autre que le père d'une des camarades de sa fille. Raison pour laquelle elle ne s’est pas méfiée lorsqu’il l'a fait monter dans sa voiture le 29 mai dernier, comme en attestent les images de vidéosurveillance de la ville.
Le 4 juin 2026, le corps de Lyhanna a été retrouvé dans une installation agricole désaffectée de Puycasquier, à 15 kilomètres du lieu de son domicile. Une découverte macabre qui a bouleversé les Français autant qu’elle les a indignés.
Une justice défaillante
Car Jérôme Barella n’était pas vraiment un inconnu des services de police. Le quadragénaire était déjà visé par de nombreux signalements pour son comportement inapproprié envers des fillettes, en plus de six plaintes pour viol sur mineur, déposées à son encontre entre 2022 et 2025. Mais visiblement pas de quoi alerter la justice, qui n’a jamais convoqué l’intéressé afin qu’il s’explique.
Aussi, lors d’une conférence de presse, Gérald Darmanin a reconnu "un terrible échec de l’État et de la justice" mais a cependant balayé toute éventuelle démission du gouvernement, considérant que "cette défaillance, ici, ne tenait pas aux instructions que le ministère (de la Justice) a donné". Des propos qui n’ont pas vraiment fait l’unanimité, notamment auprès de l’une des mères des plaignantes, qui a déposé plainte contre l’actuel garde des Sceaux.
Car Audrey aura fait de son mieux pour alerter les autorités. À l’été 2025, lorsque sa fille Rosa lui a révélé avoir subi plus d’une "cinquantaine de viols" de la part de Jérôme Barella, la maman n’avait pas hésité à se rendre à la gendarmerie pour dénoncer les faits. Mais son dossier ne faisait apparemment pas partie des priorités, comme elle se l’est sèchement entendu dire par les militaires qui l’ont menacée de porter plainte pour harcèlement, alors qu’elle venait aux nouvelles chaque lundi matin.
Des comptes à régler ?
Bouleversée par la mort de Lyhanna, Audrey vient de déposer plainte contre Gérard Darmanin pour "mise en danger délibérée de la vie d’autrui ", ainsi que "non-assistance à personne en danger". Une démarche qui, si l’on en croit le rapport de son audition, s’inscrit dans le cadre d’un dossier particulièrement sensible lié à la mort de Lyhanna, qui a rejoint sa dernière demeure le 12 juin 2026.
Confirmée par son avocat Me Pierre Debuisson auprès de BFMTV et relayée par Le Figaro, la procédure été transmise à la Cour de justice de la République, seule autorité habilitée à juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.
La mère de Rosa estime que des "défaillances de suivi, de coordination et de pilotage" au niveau du parquet d’Auch et de la gendarmerie de Condom dans le traitement de la plainte initiale auraient fortement contribué à cette tragédie, qui aurait pu être évitée si Jérôme Barella avait été convoqué par les forces de l'ordre.
De bons mots pour faire bonne figure ?
Depuis, Audrey a régulièrement dénoncé auprès de BFMTV l’absence de réponses des services concernés, affirmant ne recevoir plus "aucune nouvelle" quant à l’avancée de la procédure.
Face aux critiques, Gérald Darmanin a réagi en défendant l’action de son ministère, affirmant sa volonté de "ne pas quitter le bateau en pleine tempête". Sur le plateau de TF1, l'homme politique de 43 ans a réitéré son intention de "sanctionner à la hauteur des défaillances graves constatées" certains acteurs de la chaîne judiciaire. Notamment au sein du parquet d’Auch, qui n'a pas considéré les actions de Jérôme Bardella assez problématiques pour lui demander de rendre des comptes.