Patrick Sébastien ne décolère pas depuis son éviction de France Télévisions, en 2019. En effet, celui qui a longtemps fait les belles heures de France 2 n’a pas vu son contrat être renouvelé après vingt-deux ans de bons et loyaux services. Une fin de collaboration que l’ancien animateur a toujours du mal à digérer et il tient bien à le faire savoir, avec sa gouaille habituelle.
Mais en plus de ses déclarations à charge dans la presse, c’est en chanson que Patrick Sébastien a décidé de régler ses comptes. Et plus particulièrement avec Delphine Ernotte, la directrice de France Télévisions. Ainsi, au début du mois d’avril, il annonçait qu’il était retourné en studio pour enregistrer un nouvel album, baptisé Olé Osé et qui devrait choquer les oreilles prudes. D’ailleurs, Patrick Sébastien a prévenu qu’il ne ferait pas dans la dentelle. "L’album de chansons crues, très crues… Il est encore pire que le premier", a-t-il assuré dans une vidéo publiée sur Instagram.

Une rancune tenace
Et il n’avait pas menti. Il y a quelques jours, il a dévoilé le premier single d’Olé Osé, Delphine, écrite spécialement pour son ancienne patronne. "Delphine, si t’avais connu ma pine, on aurait été si heureux. Delphine, si t’avais connu ma pine, on aurait été amoureux. Delphine, si t’avais connu ma pine, tu aurais eu des larmes aux yeux !", peut-on l'entendre chanter, sur un rythme enjoué. La chanson a suscité une véritable polémique sur les réseaux sociaux et n’a, bien évidemment, pas été du goût de la principale intéressée, qui a porté plainte pour outrage sexiste et sexuel.
Ce lundi 27 avril, au micro des Grandes Gueules, sur RMC et RMC Story, Patrick Sébastien a cependant admis être allé un peu trop loin. "Bien sûr et c’est volontaire. C’est outrancier volontaire. Il y a eu plein de chansons comme ça. Si je te fais toute l’histoire de la chanson française, quand Brassens parle du gorille qui va enfiler un juge…", a-t-il commencé à se justifier, avant d’être interrompu par Alain Marschall.
Oui, mais il ne cite pas le nom du juge.
A précisé le journaliste.
"Il cite pas le nom, bah, j’ai cité son nom. C’est un juste retour des choses. Quand elle a dit qu’il y avait trop d’hommes blancs de plus de 50 ans à la télévision, c’est de l’attaque, c’est de la ségrégation", s’est défendu Patrick Sébastien.
C’est pas moi qui ai commencé, comme je dis dans la chanson. C’est de la farce, c’est de la blague, c’est de la grosse rigolade. Effectivement, c’est ad hominem, comme vous dites, (…) mais dans cette chanson, je ne la menace pas et je ne l’insulte pas.
Un employé déprécié ?
Au-delà des poursuites judiciaires, Patrick Sébastien redoute surtout que Delphine Ernotte "tape à {sa} porte en {lui} disant : “Finalement, je voudrais la connaître”(sa pine, NDLR)". "Je ne suis pas prêt !", a-t-il plaisanté. Il affirme d'ailleurs qu’il vivra une éventuelle condamnation par la justice comme une véritable victoire :
Si je suis condamné, ça ne sera pas une ignominie, ça sera une médaille pour moi. Parce qu’il y a quand même ces gens-là qui parlent de liberté d’expression sans arrêt.
Et de faire une comparaison avec la Une de Charlie Hebdo sur le drame du bar Le Constellation, à Crans-Montana, indiquant qu'"il n’y a pas eu de plainte de qui que ce soit parce que c’est la liberté d’expression".
Je veux bien qu’on me fasse une plainte contre moi, je m’y attendais d’ailleurs. Sexiste, je veux bien mais j’ai jamais violé personne, j’ai jamais agressé sexuellement personne, je tape pas les femmes. Tout ce que tu peux me reprocher, c’est de la paillardise, c’est de la gauloiserie.

Lancé dans ses déclarations, celui qui a confirmé qu’il n’était pas candidat aux prochaines élections présidentielles a vidé son sac et déploré l’image qu’il pouvait renvoyer à certains.
Elle m’a toujours considéré comme un garçon grossier et vulgaire, ce qui n’était pas le cas. (…) Donc à un moment, je me suis dit, je vais lui donner raison. C’est comme les caricatures qu’il y a eues de moi. Mes chansons, Le petit bonhomme en mousse, Les Serviettes… C’était pas vulgaire et on m’a caricaturé : “Gérard, mon pote Gérard, on va se mettre un doigt dans le cul”. Moi, j’aurais jamais chanté ça. Mais à un moment, je me suis dit, puisqu’ils me caricaturent, je vais être ma caricature. Et aujourd’hui, je suis ma caricature parce que ça m’amuse. Parce que j’ai 72 balais, que j’ai tout connu et que ça m’amuse. Et que ça m’amuse en plus qu’on ait ce débat-là. Parce qu’il y a tellement de choses mille fois plus graves. Et mettre un coup de pied dans cette morale obligatoire.
S’il en a profité pour sévèrement tacler son ancienne direction en musique, Patrick Sébastien a néanmoins fait comprendre que son style volontairement provocateur était aussi un moyen de dénoncer la censure de ceux qui estiment être dans le camp de la bien-pensance.
On est dans un système… Je fais des galas tout l’été avec des braves gens, des gens normaux, des gens du peuple. Ces gens-là en ont marre qu’on leur impose ce qu’il faut aimer, ce qu’il faut dire, vous avez le droit de rire de ça, vous n’avez pas le droit de rire de ça, il faut manger ça, il faut pas boire ça...
Pour finir, loin de faire son mea culpa, Patrick Sébastien en a remis une couche sur Delphine Ernotte. "Je ne respecte pas cette dame parce que pour moi, elle n’est pas respectable. Il y a le dossier qui va sortir (le rapport sur la commission d’enquête sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public, NDLR), ça ne changera rien pour elle", a lâché le septuagénaire, qui s'en est récemment pris à Nagui.
On a vu qu’il y avait plein de malversations. Ces gens-là sont intouchables. Ces gens-là sont en toute impunité. Alors, cette petite épine que je lance comme ça, c’est comme ça. Et en plus, tous ces gens-là qui te parlent de liberté d’expression, ça m’amuse de voir qu’ils vont porter plainte pour ça.
Voilà qui a le mérite d'être clair...