Sommes-nous en train d’assister au début de la fin de carrière de Patrick Bruel ? Depuis mars dernier, les témoignages ne cessent d’affluer concernant son comportement envers la gent féminine. Plus d’une trentaine de femmes ont livré des récits glaçants auprès de Médiapart, à l’origine de ces révélations.
Patrick Bruel fait actuellement l’objet de quatre enquêtes judiciaires pour viol et/ou agression sexuelle, dont une ouverte en Belgique. Parmi les plaignantes figurent Karine Viseur, qui a saisi la justice le 24 mars 2026, mais aussi Flavie Flament, qui a porté plainte le 15 mai 2026. L’animatrice, alors âgée de 16 ans, accuse le chanteur de l’avoir droguée avant de la violer à son domicile parisien.
Des allégations niées avec force par Patrick Bruel, qui est sorti du silence et a évoqué une relation une relation "ni violente, ni contrainte, ni sournoise". De quoi "sidérer" l’ex-femme de Benjamin Castaldi, qui compte bien obtenir justice.
Un élan soudain de solidarité
D’autant plus que sa prise de parole a fait se délier les langues. En effet, à l’heure actuelle, selon L’Est Républicain, au moins 12 autres femmes ont elles aussi déposé plainte contre Patrick Bruel pour violences sexuelles. Certains dossiers, d'abord classés sans suite, auraient même été rouverts et regroupés par le parquet de Nanterre.
Alors qu’il préparait sa tournée Alors Regarde 35, célébrant les 35 ans de son album du même nom, celle-ci pourrait bien être compromise. Face aux pressions d’associations féministes et de certains élus, l’interprète de Casser la voix a finalement renoncé à sa tournée des festivals d’été, ainsi qu'à ses dates parisiennes prévues ce mois-ci.
En outre, il a récemment fait savoir qu’il se retirait temporairement de la troupe des Enfoirés, notamment dans un "souci d'apaisement". Mais ce lundi 1er juin, une vingtaine de nouveaux témoignages à charge ont été dévoilés par Médiapart, qui a rapporté les propos de bénévoles, membres de l'équipe et responsables de l'association fondée par Coluche.
Le loup dans la bergerie ?
D'après ces derniers, une réunion aurait eu lieu en 2012 pour évoquer l'attitude plus que dérangeante de Patrick Bruel envers les femmes, déjà jugée problématique. Sophie B. leur aurait ainsi conseillé de "faire attention à un chanteur qui avait les mains baladeuses", sans toutefois citer de nom.
Toujours selon Médiapart, la responsable des bénévoles des Restos du cœur de Lyon aurait finalement avoué en petit comité qu’elle parlait de Patrick Bruel.
Elle nous a mises en garde, en disant de ne pas trop s’approcher de lui, qu’elle était parfois obligée de le recadrer. À l’époque, on pensait juste que c’était un coureur de jupons, car chaque soir de concert, il invitait une femme du public à venir visiter sa loge.
S’est souvenue une bénévole.
Et d’ajouter que Sophie B. aurait tout fait pour "protéger" les femmes de ses agissements, au même titre que des membres des équipes des Enfoirés.
D’après l'un d'eux, l’artiste de 67 ans aurait "rôdé" autour d'une jeune femme en 2007, à Nantes. Il aurait aussi aperçu une autre bénévole "violemment" repousser le chanteur, à "deux reprises" pendant la fête des techniciens. Raison pour laquelle il n’a pas hésité à mettre en garde une jeune femme sur laquelle Patrick Bruel avait jeté son dévolu :
Je suis allé lui dire : "Je te préviens, ce mec est dangereux". J’ai dit le mot prédateur.
Contactée par Mediapart, la direction des Enfoirés a confirmé qu'un "certain nombre d’actions de prévention et de lutte contre les violences et harcèlement sexistes et sexuels" ont été mises en place depuis trois ans. En revanche, "aucun dispositif particulier autour de Patrick Bruel" , qui reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés, n’aurait été créé.