Voilà déjà plusieurs années que ses émissions sur France Télévisions captent l’attention des téléspectateurs. N’oubliez pas les paroles, Taratata ou encore Tout le monde a son mot à dire, Nagui est à la tête de nombreux programmes qui reçoivent un bel accueil du public.
Le service public bat ainsi des records d’audience. Et depuis plusieurs années, l’époux de Mélanie Page figure parmi les animateurs préférés des Français. Malgré tout, il ne fait pas l’unanimité auprès de la classe politique. Aux commandes de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public à l’Assemblée nationale, Eric Ciotti poursuit sur sa lancée.
Son rapporteur, Charles Alloncle, également membre du parti politique UDR, a fait savoir qu’il veut passer au crible le niveau de dépenses de France TV. Et le député ciottiste s’est attaqué au présentateur vedette du service public. Ce dernier lui a répondu dans une longue lettre publiée sur Instagram.

Nagui réagit aux accusations de Charles Alloncle
Alors que le membre de la commission d’enquête souhaite bientôt s’entretenir avec l’animateur franco-égyptien, ce dernier a donné sa version des faits sur ces accusations dont il fait l’objet. "Je me permets de vous écrire et surtout je me permets cette familiarité car il me semble, à lire et suivre vos déclarations, que j'occupe une place toute particulière dans votre cœur", a-t-il lancé.
Et de poursuivre :
Vous avez notamment déclaré : 'Je pense, je vais parler au conditionnel, que Nagui est la personne, sur les dix dernières années en France, qui s’est le plus enrichie sur l’argent public'.
Dans la suite de sa lettre, Nagui a ironisé sur les propos élogieux de Charles Alloncle sur sa longue carrière. "Je suis touché par le temps que vous consacrez dans les médias à saluer mon parcours professionnel, ma fidélité au service public, ma réussite, ma gestion d'entreprise, sincèrement je me demande si c'est bien de moi dont vous parlez tellement ce portrait est flatteur", écrit-il.
Cela fait donc 44 ans que j'ai la chance de travailler pour le service public (...) Aujourd’hui, je suis salarié dans le public (France Inter) et dans le privé (Banijay) mais cela vous le savez, puisque je hante votre esprit, devrais-je dire 'nourris vos fantasmes' pour être plus juste ?
Continuant sur sa lancée, le producteur de 64 ans a tenu à mettre les choses au clair concernant ses activités et ses revenus. En effet, il collabore avec le service public via sa société Air Productions. Dans la foulée, l’intéressé a fait une importante mise au point.
J’ai depuis grandi sans jamais savoir ce que l’année suivante me réservait. (…) Aujourd’hui, je produis avec mes équipes 300 heures de programmes par an, ce qui nous permet de régler 10 000 bulletins de salaire par an, je ne parle pas au conditionnel (…) J’emploie des centaines de personnes qui fournissent un travail exemplaire qui, à moindre coût, rapporte de l’audience donc de l’argent au service public. Mes jeux permettent au service public de gagner de l'argent, on pourrait même conclure que je rapporte de l'argent 'aux contribuables'.
"Retrouvons-nous au tribunal"
Face aux accusations de Charles Alloncle, Nagui a évoqué les possibles sources motivations de l'homme politique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’animateur de France 2 n’a pas mâché ses mots.
Certaines mauvaises langues me disent que vous n’aimez pas les végétariens, d’autres me disent que ce sont mes origines égyptiennes, certaines auraient vu que vous administriez, au conditionnel, un compte Facebook, soutien d’une personnalité de l’extrême droite, qui publierait, tout cela au conditionnel, des phrases comme 'race de merde', 'bamboula' et même 'crouille' (insulte que j’ai essuyée dans ma vie).
Victime de lynchage et de cyberharcèlement après les accusations du député de l’Hérault, le présentateur n’exclut pas la possibilité de porter l’affaire devant la justice.
Serait-ce (encore du conditionnel) une volonté de déclencher l’ire populiste, vu le nombre de messages de haine reçus que vos déclarations ont engendrés ? Si c’est le cas, je vous proposerais (que de conditionnel décidément) de nous retrouver face à un tribunal, non plus celui des réseaux sociaux, ni celui des médias d’opinion, non, un tribunal, un vrai.
Le message est passé. Affaire à suivre !