Andrea Bescond était dans l’incompréhension totale lorsque les forces de l’ordre l’ont prise à part lors de la manifestation pacifique pour Lyhanna, 11 ans, retrouvée sans vie le 4 juin dernier dans le Gers et dont le principal suspect, Jérôme Barella, est bien connu de la justice.
Plusieurs rassemblements ont eu lieu en France, permettant ainsi aux manifestants de crier leur colère face à une justice jugée trop laxiste envers la pédocriminalité. Andrea Bescond faisait partie du rassemblement place Vendôme à Paris avant de se retrouver en garde à vue.
"On était en fin de rassemblement. Tout le monde était déjà en train de partir. (…) Comme ils nous poussaient avec beaucoup d’énergie, les gens commençaient à tomber", a expliqué Andrea Bescond au micro de Brut.
"J’ai vraiment été hyper résistante sur un bouclier et je pense que le policier en face de moi était un peu surpris." C’est alors qu’elle a été amenée sur le devant par un autre policier. "J’étais vraiment surprise de ce qu’il se passait. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait", a-t-elle expliqué.
Andrea Bescond n’aurait pas pu contacter son avocate
"Ils arrivent à 4 sur moi. Ils m’ont traînée comme ça jusqu’au mur du ministère de la Justice. (…) Ils ont essayé de me faire des balayettes et j’ai réussi à éviter."
À la suite de cela, une policière lui aurait dit : "Arrêtez, ils vont vous faire mal." La réalisatrice a donc été attachée avec des liens en plastique très serrés et dénonce "une détention arbitraire".
Alors qu’elle se demandait pourquoi elle était là, on lui répondait : "Vous savez très bien pourquoi vous êtes là."
"Ils ne m’ont pas signifié mes droits, ils ne m’ont pas précisé pourquoi j’étais là. J’ai dû insister lourdement pour pouvoir prévenir mes deux enfants", a-t-elle raconté, révélant qu’on ne lui avait pas autorisé à prévenir son avocate.
"J’ai demandé à pouvoir envoyer un SMS à mon avocate Marie Grimaud, on m’a dit « non, hors de question, vous n’utilisez pas votre portable. On le fera nous ». J’ai dit « ok, voici le numéro de portable de mon avocate ». Ils ne l’ont pas appelée."
Andrea Bescond marquée par les humiliations lors de sa garde à vue
"Le pire, c’étaient les humiliations de la détention arbitraire. Je me suis retrouvée dans une première cellule où j’ai demandé à aller aux toilettes pendant une heure", a-t-elle poursuivi.
Les policiers l’ont autorisée par la suite à faire ses besoins dans la cellule sans "aucune intimité, face à l’accueil". Elle s’est donc retenue et a ensuite été placée dans une cellule avec quatre jeunes filles.
Alors que les policiers ont demandé si les trois femmes qui venaient d’arriver avaient faim, les deux autres, qui étaient déjà présentes, ont répondu qu’elles aussi avaient faim, mais la réponse a été la suivante : "Vous aviez dit non tout à l’heure donc c’est non pour toute la nuit."
"Ils nous ont amené trois petits plats en barquette et on a mangé toutes les cinq dans les trois petits plats", a-t-elle révélé avant de raconter la suite de cette nuit compliquée.
"On a réussi tant bien que mal à s’endormir et ils sont venus à 5 h du matin, une fois qu’on dormait bien, faire du bruit pour enlever les barquettes de la cellule et nous réveiller. Pour qu’on soit quand même dans une détresse psychologique terrible. Les jeunes filles qui étaient avec moi avaient entre 18 et 22 ans."
Le but de chaque manifestant dans cette affaire est que le gouvernement agisse enfin face au fléau de la pédocriminalité et vote la loi intégrale.
Alex V.