Depuis plusieurs semaines, la guerre est officiellement ouverte entre les deux aînés de la star et sa veuve Laeticia Hallyday, devenue l'unique bénéficiaire de l'ensemble du patrimoine et des droits d'auteurs de la légende du rock français, décédée le 6 décembre à l'âge de 74 ans.

L'image de la famille unie renvoyée le 9 décembre lors des funérailles de "Johnny" sur le parvis de l'église de la Madeleine à Paris n'est, trois mois plus tard, qu'un lointain souvenir.

C'est Laura Smet qui a lancé l'offensive judiciaire dans une lettre transmise le 12 février à l'AFP. "J'ai choisi de me battre", confiait alors la fille de Nathalie Baye dans ce courrier, rejoint dans sa démarche par son demi-frère David, fils de Sylvie Vartan.

Les deux aînés ont déposé un recours sur le fond devant la justice française pour contester les modalités de succession de leur père, rédigées en Californie. Ils estiment que son testament les "déshérite", ce qui est interdit en droit français, et demandent "que la succession soit soumise aux règles de dévolution légales" en France. Aucune date n'a pour l'instant été fixée pour l'examen de ce volet de l'affaire, qui pourrait prendre des mois, voire des années.

En attendant, Laura Smet et David Hallyday ont également saisi en référé (procédure d'urgence) le tribunal de grande instance de Nanterre afin de "pouvoir se prononcer" sur un projet d'album posthume de Johnny Hallyday actuellement en préparation, selon l'assignation qui doit être débattue jeudi.

Ils donnent à Laeticia Hallyday "un délai de 48 heures" pour accéder à cette demande et réclament une "astreinte de 10.000 euros par jour de retard" en cas de non-respect de leur souhait.

Le rocker et ancienne "idole des jeunes" a travaillé une grande partie de l'année 2017 à ce 51e album studio, inachevé, pour lequel une dizaine de chansons ont été enregistrées.

Donations

Laura Smet, 34 ans, souhaite "pouvoir confirmer le respect de l'intégrité artistique de l'entier contenu de cet album", a indiqué à l'AFP l'un de ses avocats, Me Emmanuel Ravanas. Une demande à laquelle Laeticia Hallyday a "sèchement opposé une fin de non-recevoir", a-t-il affirmé.

Les deux aînés Hallyday demandent également, par le biais de cette procédure, des "mesures conservatoires" sur les biens immobiliers et "la mise sous séquestre" des "redevances perçues au titre des droits d'auteur" de l'artiste, dans l'attente que la justice tranche le litige sur l'héritage.

Décédé d'un cancer du poumon, Johnny Hallyday possédait deux villas à Los Angeles et Saint-Barthélemy ainsi qu'une autre à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) détenue par une SCI dont il était actionnaire avec sa dernière épouse et leurs deux filles, Jade et Joy. Chacune de ces demeures est estimée entre 10 et 15 millions d'euros. Johnny disposait également des droits sur quelque 1.160 chansons.

Laeticia Hallyday s'est de son côté peu exprimée depuis le début de l'affaire. Réagissant quelques heures après la lettre de Laura Smet,  elle avait fait part de son "écœurement" avant de disparaître des réseaux sociaux dont elle était pourtant adepte.

Le 1er mars, elle a publié un communiqué par le biais de son avocat Me Ardavan Amir-Aslani. Johnny a "pris toutes les décisions concernant sa succession avec toutes ses facultés mentales et son libre-arbitre", y affirme-t-elle.

Me Amir-Aslani a également assuré que Johnny avait "fait le nécessaire de son vivant pour mettre ses enfants majeurs à l'abri du besoin", via des donations.

Laura Smet a notamment bénéficié de deux donations lui permettant d'acheter un appartement de plus de 100 m2 situé rue Bonaparte, dans le VIe arrondissement de Paris.

David aurait, lui, reçu en 2002 la moitié d'une luxueuse villa du XVIe arrondissement de Paris appartenant à ses parents et qui "serait aujourd'hui estimée à près 20 millions d'euros", selon la radio RTL.