Le 28 décembre 2025, la France a perdu l’une de ses légendes nationales. Brigitte Bardot s’est éteinte à l’âge de 91 ans, dans sa villa mythique de La Madrague, à Saint-Tropez. La mémoire de celle qui aura marqué son époque a eu droit à une pluie d’hommages sur les réseaux sociaux, de la part d’anonymes comme de personnalités publiques.

Sur son compte X, Emmanuel Macron a ainsi évoqué "ses films, sa voix, sa gloire éblouissante, ses initiales, ses chagrins, sa passion généreuse pour les animaux" et "son visage devenu Marianne" :

Brigitte Bardot incarnait une vie de liberté. (…) Nous pleurons une légende du siècle.

Jusque dans ses derniers instants, BB a pu compter sur la présence de Bernard d’Ormale, qui partageait sa vie depuis plus de trente ans. Il y a quelques semaines, ce dernier évoquait l’héritage de l’actrice, avec toutes les formalités administratives que cela implique.

StarMag.com
Brigitte Bardot et Bernard d'Ormale @ DR

"Le testament a été ouvert et un inventaire est en cours. C’est obligatoire, c’est la loi. Il faut faire une estimation sur tout ce qui appartenait à Brigitte. Des objets aux biens immobiliers, dont un appartement sur Paris où j’ai l’usufruit", a-t-il expliqué, avant d’ajouter qu’une "grande partie reviendra à son fils Nicolas".

Des complications juridiques

Cependant, si l’on en croit les informations de Libération, la succession serait loin d’être réglée et s’annonce être un véritable casse-tête juridique. Notamment en ce qui concerne le destin de La Madrague, qui menace jusqu’à l’existence même de la Fondation Brigitte-Bardot. Pour rappel, la comédienne n’était plus propriétaire de sa résidence, qu’elle avait léguée en 1992 à l’organisme créé pour la protection des animaux.

Au cœur de ce dossier sensible sont impliquées plusieurs parties : Bernard d’Ormale, Nicolas-Jacques Charrier, le fils de la disparue, ainsi que les représentants de l’État. Afin d’y voir plus clair, deux experts judiciaires ont été mandatés par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, avec pour mission d’évaluer la valeur de la Madrague, un bien d’exception situé dans un cadre idyllique.

Un enjeu crucial puisque l’estimation de la valeur de la propriété conditionne le montant global du patrimoine laissé par Brigitte Bardot, et donc, la part revenant à son fils, "héritier réservataire" d’une moitié de la succession. Seulement, les dernières évaluations officielles, qui remontent à 1992, fixaient le montant de La Madrague à environ 3 millions d’euros. Une somme aujourd’hui jugée complètement obsolète par le quotidien.

StarMag.com
Nicolas-Jacques Charrier @ DR

Un détail qui change tout ?

En outre, une autre révélation vient encore complexifier la situation. Toujours d’après Libération, Brigitte Bardot et Bernard d’Ormale ne se seraient jamais mariés civilement, contrairement à ce que l’ancien conseiller de Jean-Marie Le Pen affirmait dans les colonnes de Nice-Matin. Une nuance de taille qui pourrait bien remettre en question ses droits à une part de l’héritage de sa compagne.

Car en l’absence d’un mariage officiel avec Brigitte Bardot, Bernard d’Ormale ne dispose d’aucun droit direct dans la succession. Toutefois, dans son testament, l’ancienne muse de Roger Vadim avait prévu que son compagnon puisse continuer à résider à la Madrague, "le temps de prendre ses dispositions", précise le journal. Il n’empêche que cette dernière volonté ne lui confère pas pour autant de droits patrimoniaux durables.

Au-delà de la répartition de l’héritage de Brigitte Bardot, c’est surtout l’avenir de sa fondation qui est en jeu. Depuis plus de quarante ans, la structure œuvre pour le bien-être animal, financée exclusivement par les dons des bienfaiteurs.

Selon Libération, près de 170 testaments lui seraient attribués chaque année, souvent effectués par des donateurs soucieux d’assurer la prise en charge de leurs compagnons à quatre pattes s’ils venaient à décéder avant eux. Tous ces legs ont permis à la fondation de se constituer un important patrimoine immobilier à travers la France.

Néanmoins, la valeur de La Madrague, jugée "inévaluable", complique grandement les arbitrages et pourrait fragiliser l’équilibre financier de l'association. Aussi, dans ce contexte qui s'annonce plutôt tendu, une issue à l'amiable semble privilégiée. Reste à savoir si les différentes parties sauront se mettre d'accord.