Des mots qui coûtent cher. Ce mardi 2 juin, le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’autoproclamé Duc de Boulogne à trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d'amende, ainsi qu’à la privation de son droit d’éligibilité durant un an et à payer 4 000 euros de dommages-intérêts à la plaignante en réparation de son préjudice moral.

Booba a été reconnu coupable de harcèlement en ligne et injures à caractère raciste envers Linh-Lan Dao, journaliste à France Télévisions. Comme l’a rapporté l’AFP, le rappeur devra également verser 1 500 euros à l’Association des jeunes Chinois de France, qui s’était constituée partie civile.

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Booba @ Fred Dugit / LP

Linh-Lan Dao, d’origine vietnamienne, avait déposé plainte contre Booba en janvier 2024, à la suite de la parution d'un article de fact-checking dans lequel elle dénonçait sa "dérive complotiste", alors qu'il évoquait sur ses réseaux sociaux un possible lien entre les vaccins contre le Covid et la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Toujours prompt à rebondir, l’interprète de Boulbi, suivi par plus de 6 millions d’abonnés, lui avait alors répondu en lui proposant un "strip poker sans cartes" autour "d'un bon wok de légumes", rappelle Le Parisien. Des propos, qui, selon Linh-Lan Dao, auraient déclenché une vague de cyberharcèlement qui a duré pendant des semaines.

Des propos non sans conséquences

La journaliste a accusé Booba de l’avoir "jetée en pâture" à la "meute" numérique. Le journal Le Monde rapporte d’ailleurs que Linh-Lan Dao a reçu de nombreux "commentaires sur son physique, ainsi que des messages transphobes et racistes". Autant d’attaques qui ont eu de sérieuses répercussions sur sa vie personnelle et professionnelle. "La jeune femme a souffert d'un syndrome de stress post-traumatique et reçu une incapacité totale de travail de sept jours", précisent nos confrères.

Pour le tribunal, "la dimension sexiste du discours et celle essentialisante, à raison de ses origines asiatiques, destinées à renvoyer la journaliste Linh-Lan Dao à sa seule qualité de femme asiatique, lui confèrent à l’évidence un caractère malveillant", peut-on lire dans le rapport du verdict, consulté par l’AFP.

Selon les juges, les messages publiés par Booba "visaient à s’en prendre, par des attaques gratuites, à une journaliste dans le cadre de sa profession, au seul motif que ses investigations parvenaient à une conclusion différente de la sienne, pour la faire taire".

Linh-Lan Dao satisfaite du verdict

Auprès de l’AFP, Linh-Lan Dao et son avocate ont réagi à l’issue de l’audience. La plaignante s’est dite "extrêmement soulagée et satisfaite du jugement". "J’espère que je vais pouvoir tourner la page", a-t-elle déclaré.

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Linh-Lan Dao @ X.com

Quant à Me Ilana Soskin, celle-ci a expliqué que "le tribunal a reconnu qu’Élie Yaffa Booba ne pouvait pas ignorer qu’une meute allait être enclenchée à la suite de ses messages, c’est-à-dire qu’il a reconnu en quelque sorte sa responsabilité en tant que leader avec une communauté".

Malheureusement pour Linh-Lan Dao, elle n’en a pas fini avec toute cette affaire. En effet, par le biais de son avocate Me Marie Roumiantseva, Booba a fait savoir qu’il compte faire appel de cette condamnation.

Affaire à suivre.