C’est une affaire qui a fait le tour du monde l'an dernier. En janvier 2025, sur TF1, le magazine Sept à Huit diffusait le témoignage d’Anne Deneuchatel, une Française âgée de 53 ans à l’époque et victime d’une arnaque aux sentiments extrêmement bien ficelée. En 2023, se sentant délaissée dans son mariage, elle se décide à créer son premier compte sur les réseaux sociaux, loin de se douter que cette initiative allait la laisser sur la paille.

En effet, c’est ainsi qu’elle a été contactée par une utilisatrice d’Instagram, qui lui a affirmé être la mère de Brad Pitt et vouloir la mettre en relation avec son illustre fils. D’abord incrédule, Anne est finalement complètement tombée dans le panneau quand elle a reçu un supposé message de l’acteur dès le lendemain, dans lequel il lui faisait savoir qu’il serait ravi de faire plus ample connaissance avec elle.

Une femme sous emprise ?

Après quelques semaines d’échanges amicaux, Anne et "Brad Pitt" ont fini par se déclarer mutuellement leur flamme et l’escroc est alors passé à l’action, faisant croire à sa victime qu’il souffrait d’un cancer des reins. Raison pour laquelle il n’a eu de cesse de lui réclamer de l’argent, pour régler divers frais médicaux imaginaires. Au final, Anne a perdu 830 000 euros, qu’elle a envoyés à un brouteur basé au Nigéria.

On m'a harponnée par la soi-disant mère de Brad Pitt. Je n'ai jamais posté de message ou de photo montrant une fragilité ou quoi que ce soit. N'importe qui peut tomber dans ce piège. Cette histoire m'est arrivée parce que j'étais dans une fragilité extrême.

Avait-elle déploré dans les colonnes de Femme Actuelle, en septembre 2025.

Au bout d’un an et demi, il aura fallu l'officialisation du couple formé par le vrai Brad Pitt et Inès de Ramón pour que la décoratrice d’intérieur finisse par ouvrir les yeux, avant de saisir la justice. Se disant ruinée, Anne Deneuchatel avait confié n’avoir plus que 40 000 euros d’économies et s'être installée chez une amie, faute de pouvoir se reloger. Après trois tentatives de suicide, elle avait été hospitalisée pour dépression et avait lancé une cagnotte en ligne pour payer ses frais d'avocat.

Malgré mes doutes répétitifs, mes blocages, une fois qu'on a mis le pied dans cet engouement, il est très difficile d'en sortir. C'est un réel métier que ces escrocs, ces brouteurs comme on les appelle, exercent pour vous manipuler, vous retourner le cerveau.

Anne Deneuchatel attaque la banque

Plus d’un an après la médiatisation de son histoire, qui lui a valu de nombreuses moqueries, Anne Deneuchatel est déterminée à obtenir réparation et pointe de nouveaux responsables. Ainsi, ce mercredi 11 février, le magazine Challenges a révélé qu'elle a décidé de déposer plainte contre deux banques qui, d’après elle, auraient manqué à leur obligation de vigilance.

La plaignante leur reproche d’avoir validé des virements aux motifs grotesques, déplorant que cela n’ait pas alertés les employés. Parmi les libellés, nos confrères ont pu relever "Opération Mr William Bradley Pitt" pour 35 000 euros, "Transplantation rein William Bradley Pitt Clinic Mayo Dr Hatem" pour 59 000 euros, ou bien "Solde opération transplantation rein gauche Mr William Bradley Pitt Clinic Mayo États-Unis" pour 59 000 euros.

Des intitulés de virements qui, selon les avocats d’Anne Neuchatel, auraient dû mettre la puce à l'oreille des deux établissements bancaires, dont les noms n’ont pas été révélés.

Il y a au minimum 400 à 500 000 euros sur les sommes totales de transactions qui n’auraient jamais dû passer le contrôle minimum des banques.

Ont indiqué les hommes de loi, mettant en avant dix-huit virements dont le motif était "souvent du grand n’importe quoi".

Faisant état de "failles" qui ne doivent pas se reproduire, Anne Deneuchatel espère bien obtenir une indemnisation financière proportionnelle aux préjudices qu’elle a subis, d’après elle, en partie causés par la négligence des banques. Sa mésaventure a néanmoins permis à une autre femme de se rendre compte qu'elle était elle aussi victime d'un escroc sans scrupules, qui a utilisé le même procédé pour la délester de 100 000 euros.