Alors que la réforme sur l’âge du départ à la retraite est loin de faire l’unanimité en France, de nombreux influenceurs se sont mobilisés, affichant leur soutien aux grévistes et aux manifestants. Seulement, ce week-end, d’autres ont donné de la voix pour une raison bien différente. Ce qui leur a valu quantité de reproches sur la Toile.

Ce vendredi 24 mars, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances, a annoncé vouloir encadrer le business de l’influence, à la suite des nombreuses dérives de certains influenceurs peu scrupuleux. Le pouvoir exécutif souhaite faire voter une loi qui interdirait de faire la promotion de la chirurgie esthétique, des paris sportifs ou l’utilisation de filtres lors d’une story sponsorisée. Des mesures strictes destinées à mieux protéger les consommateurs, parfois victimes de pratiques commerciales frauduleuses.

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Bruno Le Maire @ Getty Image

Au lendemain de cette annonce, l’UMICC, (Union des Métiers de l’Influence et des Créateurs de Contenu) a rédigé une tribune, publiée dans Le Journal du dimanche ce dimanche 26 mars. Dans un long texte, 150 influenceurs ont interpellé les députés, dénonçant "les dérives d’une minorité" qui nuiraient à leur image : "Votre seule boussole doit être la protection des consommateurs des dérives d’une minorité qui se croit tout permis et la préservation de nos activités et des emplois que nous créons", ont-ils écrit, avant de mettre en avant les avantages de leur profession pour le pays :

Ne cassez pas le modèle vertueux que nous construisons aux quatre coins de la France avec et pour les Français. Comprenez-le, protégez-le, faites-le grandir. (…) Ce sont leurs dérives que nous souhaitons d’abord dénoncer. Nous avons fait des erreurs. Mais notre priorité est et sera toujours la protection des consommateurs, de nos communautés. Nous sommes favorables à un encadrement du secteur.

Ont plaidé les signataires, parmi lesquels figurent Squeezie, Camille Cerf, Dr Nozman ou encore Enjoy Phoenix.

Les YouTubeurs se désavouent

Seulement, quelques heures après la mise en ligne de cette tribune, ils étaient nombreux à faire machine arrière, affirmant avoir validé le projet sans même savoir de quoi il était question. Mais de finalement tous se mettre d’accord pour approuver les mesures prévues par le gouvernement :

J'ai fait l'erreur de donner mon accord pour que mon nom apparaisse dans une tribune très maladroite, que je n'ai même pas lue avant publication.

S’est ainsi dédouané Squeezie sur Twitter, avant de promettre qu’il lira à l’avenir les documents qui engagent sa responsabilité.

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Squeezie @ YouTube

Un mea culpa qui a reçu des réactions mitigées. Car si Squeezie a pu compter sur le soutien sans faille de ses abonnés, il a également eu droit à de vives critiques de la part des internautes. Beaucoup lui ont reproché d’être opportuniste, quand d'autres ont jugé son excuse peu crédible. Et il n’a pas été le seul à s’attirer les foudres de la Toile. Dr Nozman, Terracid ou encore Henry Tran ont également été pointés du doigt pour leur revirement jugé intéressé.

Seb La Frite réagit à la polémique

Ce lundi 27 mars, c’est le compagnon de Léna Situation qui s’est exprimé sur le sujet. Au micro de France Inter, Seb La Frite a avoué qu’il regrettait de ne pas avoir jugé utile de se concerter avec l’UMICC, fondée par Carine Fernandez et qui regroupe les principales agences d’influence marketing, avant de donner son accord pour que l'on appose sa signature :

On a tous globalement signé un truc avec deux/trois échanges WhatsApp, ce qui est la honte pour nous parce qu’on passe un peu pour des cons.

Le vidéaste a poursuivi, assurant qu’il n’avait rien à redire quant aux propositions de Bruno Le Maire : "Ça nous fait un peu passer pour des gens contre ce qui va être fait, alors qu’on est pour", s’est-il défendu. Et de se justifier :

On nous a vendu le texte comme quelque chose qui ferait une nuance entre les créateurs de contenus et les influenceurs de Dubaï. On s’est tous fait avoir de la même manière.

Qu'en pensez-vous ?