[INTERVIEW] Elodie Gossuin (Tad l’explorateur) : « Aujourd’hui, je n’ai pas peur du ridicule »

[INTERVIEW] Elodie Gossuin (Tad l’explorateur) : « Aujourd’hui, je n’ai pas peur du ridicule »
A l'occasion de la sortie au cinéma de "Tad l'explorateur et la table d'émeraude", Elodie Gossuin, qui prête sa voix au personnage de Victoria Moon, a bien voulu se confier à la rédaction de StarMag sur cette expérience et bien plus encore.

Miss France et Europe 2001, mannequin, chroniqueuse, engagée en politique, animatrice radio et télévision… Elodie Gossuin est une véritable touche-à-tout qui brille dans tous les domaines. C’est donc avec plaisir que ses nombreux admirateurs pourront la retrouver dès ce mercredi 24 août 2022 au cinéma dans le long-métrage d’animation Tad l’explorateur et la table d’émeraude.

C’est pour le troisième volet de cette saga populaire qui suit les aventures de Tad Stone, passionné d’archéologie toujours partant pour se lancer dans de folles explorations pleines de rebondissements. qu’elle a décidé de prêter sa voix au personnage de Victoria Moon.

Elodie Gossuin a bien voulu se confier à StarMag au sujet de ce projet qui lui tient particulièrement à cœur.

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Victoria Moon, le personnage doublé par Elodie Gossuin @ Paramount Pictures’ « Tadeo Jones 3. »

« Je trouve l’expérience magique »

 

Qu’est ce qui fait, selon vous, le succès des films de Tad l’explorateur ?

J’ai posé la question à mes enfants qui en sont fans. C’est le côté attachant en fait. J’aime beaucoup Tad parce que je me reconnais. Mon surnom c’est « miss catastrophe ». Ce côté maladroit le rend attachant et nous déculpabilise de nos propres maladresses. On aimerait qu’il soit notre pote. Et en plus, les films sont bourrés d’humour je trouve. Il y a des moments durant le doublage du troisième volet où j’ai ri aux éclats. Je n’arrivais même plus à poser ma voix tellement ça me faisait mourir de rire. C’est un Indiana Jones qui ressemble aux enfants, on arrive à s’identifier, donc ça plaît. On se prend d’affection pour les personnages, quels qu’ils soient et je trouve aussi que la morale est toujours belle.

Comment s’est passée cette expérience de doublage de voix ?

Pouvoir prêter sa voix pour un film d’animation, je trouve l’expérience magique. Franchement, j’en rêvais. Et il y a aussi le fait de pouvoir voir la fierté dans les yeux de mes enfants. Je ne savais pas précisément à quoi m’attendre mais j’ai trouvé ça génial parce que c’est tellement différent de tout ce que je fais. J’étais comme une gamine en découvrant les salles de montages, de prises, etc.

Je suis arrivée en tant qu’animatrice radio. J’ai l’habitude de poser ma voix mais là c’était totalement différent. Là c’est plus un exercice de comédienne, et ce n’est pas du tout mon domaine. Il faut se caler sur les images et la version originale, suivre la rythmique et surtout  réussir à se lâcher. J’ai appris à le faire, à rentrer dans la peau du personnage et à commencer à l’aimer. Elle est bourrée de personnalités différentes. C’est une thérapie en même-temps. Ça m’a permis de découvrir des facettes de moi. J’ai adoré. J’ai déjà envie d’y retourner.

 

Vous prêtez votre voix à Victoria Moon, une experte en sciences occultes qui a une « obsession pour les fantômes et les esprits. ». C’est un univers qui vous parle ?

C’est une archéologue très mystique, ésotérique, etc. Elle est très passionnée par le paranormal et c’est sa spécialité en tant qu’animatrice de télévision. Je me rapproche d’elle dans le sens où je déteste mettre les gens dans des cases. Je trouve ça dommage qu’on réduise les gens à une activité et que cette activité doive être pratiquée dans la norme dictée par les autres. Globalement je déteste ça la norme, et je l’adore parce qu’elle n’est pas dans la norme.

Je suis très curieuse de nature, tous les domaines m’intéressent et donc oui, je me suis déjà beaucoup intéressée au paranormal. Je crois en la force invisible qui peut être donnée dans la vie en général. Je suis assez sensible et je me fie énormément à mon intuition. Je me fais confiance dans ce domaine.

 

« A 40 ans, je me sens plus respectée »

 

Votre personnage est même surnommé “Folletoria” par ses détracteurs. Vous est-il déjà arrivé de vous sentir jugée pour ce que vous êtes ou ce que vous aimez ?

Bien sûr. Très souvent même. Dès qu’on ne correspond pas à la norme imposée par d’autres, on peut se sentir en marge. De façon très caricaturale, quand à 20 ans tu as été Miss France, on estime que tu es dans cette case et tu as du mal à acquérir une certaine légitimité quand tu veux faire autre chose que de défiler en maillot de bain. On ne va pas se mentir. Je n’ai pas choisi la voie la plus facile en commençant par un concours de beauté. Tu sais le risque que tu prends d’être jugée en permanence sur ton physique et d’être cantonnée à ça. C’est le revers de la médaille. J’ai été conseillère régionale pendant 10 ans mais comme j’ai un parcours atypique, la critique était facile.

Je pense qu’il faut toujours prendre tout comme un moteur pour prouver le contraire mais c’est vrai que c’est fatigant. C’est fatigant d’avoir la sensation qu’il faut se battre et qu’on n’est pas sur la même ligne de départ en fonction de notre parcours.

Mais même en tant que femme. Dans le milieu de la radio, on est très peu. Ce n’est pas facile d’avoir la même place qu’un homme et pas simplement une plante verte. Je suis très fière d’avoir pu être la première femme à la tête d’une matinale en radio musicale et d’avoir eu un rôle partagé et juste avec mon co-animateur. Il faut se battre mais aujourd’hui, à 40 ans, je me sens plus respectée.

 

Est-ce que votre expérience en tant que maman vous a apporté un regard différent sur ce long-métrage et sur votre manière de jouer, d’aborder les personnages ?

Bien sûr. Mais ce n’est pas uniquement le fait d’être maman mais aussi d’avoir un certain âge. Je suis moins dans le contrôle maintenant. Quand on est adolescent ou jeune adulte, on veut plus rentrer dans le moule, être discret, ne pas se faire remarquer et on a davantage peur du ridicule. Aujourd’hui, je n’ai pas peur du ridicule. Je me sens vraiment libérée. Ça ça m’aide. Et puis je n’ai jamais oublié un seul instant que mes enfants verraient le film. J’avais envie qu’ils soient fiers, que je sois digne de faire partie de l’univers de Tad qu’ils aiment tant. Ce sont mes premières critiques et mes critiques essentielles.

 

Son avis sur les nouveautés du concours Miss France

 

Vous avez quitté la matinale de RFM et allez être davantage présente sur M6. Vous pouvez nous en dire plus sur vos projets avec le groupe ?

J’ai arrêté la matinale radio mais je reste chez RFM en évènementiel. Je n’avais rien pour les semaines à venir en télé quand j’ai pris cette décision. Je ne suis pas partie parce que M6 me proposait quelque chose mais parce qu’il fallait que je fasse un break avec ce rythme de travail. J’ai le luxe de pouvoir faire ce choix.

Chez M6, il y a aura un autre numéro du Plus grand karaoké de France à la rentrée. M6 m’a également confié une nouvelle émission quotidienne qui s’appelle Histoires de familles diffusée depuis le 11 juillet dernier à 10h45. On y revient sur des faits divers et des histoires plus ou moins connues avec des spécialistes. Il y a un côté chaleureux malgré tout, nous ne sommes pas sur un plateau de JT.

 

Que pensez-vous des récents changements apportés au concours Miss France ? Les mères de famille peuvent désormais se présenter au concours tout comme les personnes transgenres.

C’est assez complexe. Ça évolue, ça s’ouvre mais en même temps, de façon réaliste je sais qu’aujourd’hui, en tant que mère, je serais incapable d’assumer une année de Miss France. Pourtant je travaille parfois 16 ou 18 heures par jour, mais ce n’est pas tous les jours et ce sont mes choix. Quand on est Miss France, on ne fait pas ses choix de planning. J’ai travaillé 7 jours sur 7, aux quatre coins du monde et aux quatre coins de la France. Donc avec des enfants en bas-âge, je ne vois pas comment concilier cela sans souffrir. Moi je ne me verrais pas être Miss France en étant mère. Après je trouve ça bien si certaines s’en sentent capables et qu’elles n’ont pas pu tenter leur chance auparavant. La Miss France parfaite se trouve peut-être en dehors de ces barrières préconçues.

Je trouve ça génial de voir les choses évoluer. Il y a des femmes qui auront cette chance aujourd’hui de participer alors qu’elles ne l’avaient pas auparavant et qui seront sans doute parfaites dans ce rôle. Après il faut bien, d’une façon ou d’une autre, qu’il y ait des critères. La preuve, il y en a quand même encore en termes de taille. Ça ne peut pas non plus devenir Miss Univers où elles sont refaites de la tête aux pieds. Miss France c’est aussi la petite fiancée des Français. Il y a aussi cette image de princesse etc.

 

Pourquoi faut-il aller voir Tad l’explorateur et la table d’émeraude au cinéma le 24 août ?

Parce que les voix françaises sont au top (rires). J’embrasse au passage Agathe Lecaron et Christophe Beaugrand. Je suis super contente d’être avec eux parce que je les adore. On est tous parents et on le fait en pensant, chacun d’entre nous, à nos enfants. Vous allez vous marrer, la morale est belle et le film montre à quel point personne n’est tout blanc ou tout noir dans la vie. On passe par plein d’émotions. On ne voit pas le temps passer.

 

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