La chanteuse, les cheveux bruns relâchés et les épaules couvertes d’un châle sombre, chante, joue du clavier et de la basse, entourés de ses musiciens.

Des ballades rock pour une pop sombre

Un guitariste, un batteur et un bassiste, et Brune donc, la voix puissante, touchant facilement le grave. Ensemble, ils sont comme une hypnose, ils ont des gestes sobres et énergiques. Les textes sont contemporains « La pilule », « Qu’on m’applaudisse », mais la musique résonne comme les meilleures mélodies des années 90. On ferme les yeux, il y aurait presque la voix de Gwen Stefani période No Doubt. La guitare, elle, est rocailleuse et complexe, et les riffs balancent des souvenirs heureux de Placebo.

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Brune est tout sauf un « p’tit bout de femme », loin des chanteuses instagram où la lumière compte plus que tout. Le ton est sombre, les éclairages minimalistes. Après ses premiers succès en 2010, c’est une histoire riche que raconte le nouvel album de Brune. La rupture, le deuil, mais aussi la colère dans « Je vois rouge » : les thèmes sont intimes, personnels, et exploités dans un rock mélodique qu’on n’entend plus.

Brune, un concert et un album très réussis

Brune est précieuse, pour la raison suivante. Sa musique n’est pas une mode, et à l’opposé de la lourde tendance « cloud » qui égalise, globalise et standardise l’émotion musicale, Brune impose sa différence. Il y a des aspérités dans les mots, un désir très présent qui écorche. On ressent un travail patient, un dévouement, et on (re)découvre ainsi une musicienne et chanteuse trouver le bon ton, le mot juste et la belle note. La douce noirceur de ses textes se diffuse subtilement, soutenue par des mélodies dont l’énergie refuse la tristesse.

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La salle n’est pas entièrement pleine, mais elle est complètement acquise. La simplicité de la démarche et la particularité de sa musique s’allient à merveille. Le temps d’une petite heure, Brune et ses musiciens jouent l’album, dans l’ordre, normalement, comme à l’époque où l’ordre des chansons d’un album avait son importance. Le dernier morceau, « Comment feras-tu ? » est logiquement l’apothéose de ce concert. Un ultime morceau en partage, plus long, où sa voix s’emmène dans un registre plus exigeant, une fragilité s’exprime, face à un solo de guitare enivrant. Une histoire de deuil, de disparition, un tomber de rideau tout en élégance et une majesté pudique.