Plus que quelques heures avant le lancement de la Coupe du monde de football 2026, l’un des évènements sportifs les plus attendus et suivis de la planète. Le coup d’envoi sera donné ce jeudi 11 juin, au Mexique. À partir de 21 heures, El Tri (le surnom de l’équipe nationale mexicaine) affrontera l’Afrique du Sud au stade Azteca, à Mexico, dans une ambiance qui s’annonce survoltée.
Mais à seulement quelques heures du match d’ouverture, certains font la grimace. En effet, cinq ans après la diffusion du documentaire choc Je ne suis pas une sal*pe, je suis une journaliste, qui dénonçait le sexisme dans le milieu du journalisme sportif, Marie Portolano a poussé un coup de gueule dans une tribune publiée dans Libération, ce mercredi 10 juin.
La journaliste sportive a passé au crible la composition des équipes de journalistes envoyées pour couvrir l’événement et fait un constat qui l’a plus que navrée : "Sur ces 150 journalistes, il y a 10 femmes", s’est-elle étonnée.
Et de rappeler tous les efforts et les mesures pourtant prises auparavant pour faire respecter la parité :
Seulement 6 % de femmes ? Inconcevable. Pas en 2026 (…) pas après tout ce que nous avons fait. Les prises de paroles, les révélations, les documentaires, les articles, les livres et les remises en question légitimes et pleine de bons sentiments des rédactions.
Les journalistes femmes volontairement écartées ?
En presse écrite, le chiffre est encore plus bas, voire carrément insignifiant, puisqu’il n’y a que 2 femmes contre 80 hommes. "Les deux journalistes femmes dépêchées sur place sont journalistes de l'Agence France-Presse et à Libération. Deux médias moins "spécialistes", dirons-nous. Non, quand il s'agit de presse spécialisée, nous, les femmes, n'existons tout simplement pas", s’est indignée la présentatrice des Maternelles XXL, sur France 5.

"Il faut dire si on dérange", a lâché Marie Portolano, avant d’évoquer les justifications des directions, majoritairement masculines. "On m’a assuré que "les femmes ne postulent pas assez suffisamment sur le football"". Cependant, elle s'interroge plutôt sur le nombre réel de ses consœurs qui n’auraient pas été retenues pour couvrir l’événement.
Il est grand temps de cesser de considérer cette situation comme une fatalité ou une conséquence naturelle du marché du travail.
Une occasion gâchée ?
Marie Portolano déplore d’autant plus cette situation car elle estime que "la Coupe du monde de football aurait dû être une vitrine du progrès et des avancées significatives en termes d’égalité et de parité. C’est tout le contraire".
Le problème, c’est qu’en juin 2026, ça ne scandalise toujours pas suffisamment de monde.
Regrette-t-elle.
Actuellement, selon l’association Femmes journalistes de sport, seulement 17 % de femmes sont comptabilisées dans les rédactions.
La prise de parole de Marie Portolano a été saluée par bon nombre de journalistes sportives sur les réseaux sociaux, comme Mary Patrux et Vanessa Le Moigne, qui officient sur beIN Sports, ou bien Margot Dumont, du Canal Football Club, diffusé sur Canal+. Clémentine Sarlat, qui a travaillé durant plusieurs années sur le rugby pour France Télévisions, a elle aussi fait part de son expérience :
En 2015, j’ai couvert la Coupe du monde de rugby pendant 6 semaines. J’étais la seule femme sur probablement 60 journalistes…
Qu’en pensez-vous ?