La France soulèvera-t-elle bientôt sa troisième Coupe du monde ? En tous cas, les Bleus y travaillent. Jusqu’à présent, ils ont remporté tous leurs matches et s’apprêtent à se mesurer à l’Espagne, dont la réputation sur le terrain n’est plus à faire.
La rencontre, très attendue, aura lieu ce mardi 14 juillet, date symbolique puisqu’il s’agit également de celle de la Fête nationale. De quoi porter chance à nos joueurs ? Mais alors que les supporters trépignent d’impatience à l’approche du match, les déclarations d’un célèbre homme politique espagnol concernant l’équipe de France a suscité une petite polémique.
Une équipe de France qui ne représente pas les Français ?
Dans une tribune publiée par le quotidien El Debate ce samedi 11 juillet, Mariano Rajoy, ancien chef du gouvernement espagnol de 2011 à 2018, a livré son analyse du duel à venir. Dans un premier temps, il a d’abord souligné la qualité de l’équipe française, évoquant une sélection au parcours impressionnant et un adversaire qu’il a admis considérer comme particulièrement dangereux. Des propos qui auraient pu en rester là mais Mariano Rajoy s’est permis une petite remarque qui a provoqué un véritable tollé.

Car après avoir salué le niveau des joueurs de Didier Deschamps, l’homme de 71 ans, qui n’exerce plus de fonction politique depuis son départ contraint après une motion de censure, a tenu à préciser : "Elle dispose en outre d’un effectif de très haut niveau. Certes, sans aucun Français".
Et elle joue très bien. Ce sera un adversaire redoutable.
A-t-il toutefois ajouté.
Pourtant, l’affirmation de Mariano Rajoy ne correspond pas vraiment à la réalité de l’effectif français, comme l’a rappelé le site EuroNews. Sur les 26 joueurs sélectionnés par Didier Deschamps, seuls trois d'entre eux sont nés à l’étranger. Il s'agit de Michael Olise, né à Londres d’un père anglo-nigérian et d’une mère franco-algérienne, Brice Samba, né en République démocratique du Congo et Marcus Thuram, qui a vu le jour à Parme, lorsque son père Lilian Thuram évoluait au Parma Calcio 1913. Ces derniers sont cependant tous de nationalité française et ont été formés, pour l’essentiel, dans l’Hexagone.
Les Espagnols outrés
Peu après cette prise de parole, le gouvernement espagnol a réagi pour condamner fermement les propos de Mariano Rajoy. Sur son compte X, Óscar Puente a relayé sa tribune et ne s’est pas montré tendre envers le septuagénaire:
Rouge = Diable. Noir ≠ Français. Quelque naïf a-t-il vraiment cru un jour que cet abruti postfranquiste corrompu, à qui le pouvoir judiciaire de ce pays a évité la prison par une porte dérobée, était un homme modéré ?"
A écrit le ministre des Transports de la péninsule ibérique.
Et il n’a pas été le seul à s’exprimer sur les réseaux sociaux. Nombre de ses compatriotes lui ont emboîté le pas, critiquant la sortie de route de leur ancien Premier ministre. On a ainsi pu lire : "P*tain, ce 'sans Français' c'est dégueulasse. J’espère qu’on gagnera la Coupe du monde grâce à un but de Nico Williams ou de Lamine (Yamal) pour voir ce qu’il dira, ce fasciste", "C’est un crétin, au sens médical du terme !".
Ou bien encore :
Rajoy s’est comporté comme la Celeste Amarilla. Mbappé va devoir fermer la bouche d'un autre raciste. Finalement, cette Coupe du monde nous montre le vrai visage de la lie de ce monde.
En effet, cette nouvelle controverse intervient seulement quelques jours après une autre affaire ayant visé l’équipe de France, et plus particulièrement Kylian Mbappé. À l’issue de la rencontre France-Paraguay, Celeste Amarilla, sénatrice paraguayenne, s’en est vivement pris au capitaine des Bleus, qu’elle a, entre autres, qualifié de "Camerounais issu de la colonisation, s’efforçant désespérément de passer pour un Français, rancunier, nouveau riche, arrogant et laid". Une diatribe qui a fait réagir jusque dans la sphère politique.