Des souvenirs douloureux. Coline Berry, la fille aînée de l’acteur Richard Berry, a été entendue ce mercredi 29 avril 2026 par la Commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales. Son témoignage, livré une première fois en 2021, avait mis en lumière un sujet encore bien trop tabou, alors que, selon les estimations de plusieurs associations, un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle toutes les 3 minutes.

Pour rappel, en janvier 2021, Coline Berry a déposé plainte contre son père et son ancienne épouse, la chanteuse Jeane Manson, pour inceste, viols, agressions sexuelles et corruption de mineur. Des faits qui auraient été commis durant les années 80, entre ses 8 et 10 ans, et que l’ancien couple a toujours fermement niés.

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Richard Berry @ SIPA

Après l’ouverture d’une enquête confiée à la brigade de protection des mineurs, l’affaire a finalement été classée sans suite pour prescription en septembre 2022. Poursuivie en diffamation par Jeane Manson, Coline Berry a été reconnue coupable par le Tribunal correctionnel d’Aurillac le 14 avril 2022 et condamnée à indemniser la plaignante. Une décision annulée en septembre 2023 par la Cour de cassation.

Un calvaire quotidien

Durant sa prise de parole face aux députés, celle qui peut compter sur le soutien de sa cousine Marilou Berry a évoqué son enfance, qu’elle a décrite comme un véritable calvaire au quotidien. Selon elle, ce climat de violence dans lequel elle a grandi, entre les viols réguliers et l’impossibilité de se faire entendre, aurait débuté avant même sa naissance, en 1976.

"Je suis née dans la violence", a lâché l'ex-femme du producteur Robert Rojtman, reprenant les accusations de sa mère, Catherine Hiegel. En 2024, l’actrice avait accusé Richard Berry de violences conjugales, notamment lorsqu’elle était enceinte de leur fille. "Il cogne ma tête contre le lavabo. Recousue à l’arcade, plusieurs gifles. La dernière, enceinte de sept mois, m’explose le tympan", avait-elle révélé sur Instagram, durant la campagne #AprèsLesViolences.

Coline se retourne dans mon ventre. Condamnée à une césarienne. Je n’ai pas porté plainte. Je l’ai quitté !

Si ces derniers faits, que l'acteur s'est empressé de démentir, ne relèvent pas de l’inceste, pour Coline Berry, "ce n’est pas un détail, ce n’est pas un contexte accessoire, c’est le point de départ".

Et d’insister sur le fait que l’inceste n’est pas "le reflet d’une sexualité adulte, c’est juste la possession du corps de l’autre".

Les jeux de l’orchestre n’étaient pas des jeux. C’était des viols répétés.

La loi du silence

Devant la commission parlementaire, Coline Berry a également souhaité alerter sur la problématique de l’écoute des enfants. Car d’après ses souvenirs, dans le "clan" Berry, "le silence était la règle. On ne dénonçait pas la figure paternelle", a-t-elle raconté. Pourtant, dès l’âge de 3 ans, elle aurait essayé de dénoncer la situation à l’époque, sans avoir pu trouver les mots pour la décrire.

Raison pour laquelle elle aurait imaginé des stratagèmes pour échapper à son père, lorsqu’il en avait la garde : "J’ai cessé de manger pour qu’il me ramène chez ma mère. J’ai tenu presque 2 ans". Une "stratégie de survie", qui, malgré des conséquences sur sa santé, aurait été sa "seule façon de protéger", assure-t-elle.