Bernadette Chirac a tiré sa révérence. La veuve de Jacques Chirac "est décédée dans la nuit, paisiblement et entourée des siens. Elle avait fêté ses 93 ans le 18 mai dernier", a informé sa fille, Claude Chirac ce samedi 6 juin. Dès l’annonce de la triste nouvelle, les réactions ne se sont pas fait attendre, notamment de la part de la classe politique.

Sur son compte X, Emmanuel Macron a rendu hommage à une "grande dame de cœur" qui "a marqué notre histoire aux côtés du président Jacques Chirac, la vie de la Corrèze où elle était élue" ainsi que "le destin de millions de malades anonymes grâce à son engagement intime et constant", faisant référence à sa fonction d’ancienne présidente de la Fondation des Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

Bernadette Chirac a changé tant de vies avec discrétion et obstination. (…) La Nation partage le chagrin de sa famille, de ses proches, de tous ceux qui l’aimaient.

A ajouté le président de la République.

Ainsi, Emmanuel et Brigitte Macron invitent "celles et ceux qui le souhaitent à se rendre à partir de 15 heures à la Maison Élysée, située en face du palais présidentiel", où "un registre de condoléances sera mis à disposition".

Une femme de caractère

L’ancien Premier ministre Édouard Philippe a également réagi auprès de l’AFP, évoquant "une femme de caractère, exigeante d'abord envers elle-même, fidèle et forte dans l'adversité ; une personnalité que les Français respectaient et appréciaient". Un avis partagé par Gabriel Attal, qui s’est souvenu d’une "femme de caractère, d'une force peu commune, devenue un visage familier et apprécié de tous".

De son côté, Bruno Retailleau a salué "une femme exceptionnelle" qui "incarnait, avec une dignité rare, le sens du devoir et l'amour de la France", à l'instar de Jordan Bardella, qui a rappelé qu’elle fut "la cheville ouvrière de l'opération Pièces Jaunes".

Malgré ses convictions de droite, plusieurs personnalités de gauche ont également salué sa mémoire, comme François Hollande, qui a décrit une "dame obstinée, volontaire, certes dévouée, mais surtout indépendante". Selon l’ancien président de la République, elle avait réussi à "imposer sa personnalité, ses idées et son style dans un environnement qui ne lui était pas favorable".

Née le 18 mai 1933 à Paris, Bernadette Chodron de Courcel grandit dans une famille de diplomates du XVIᵉ arrondissement. Étudiante à Sciences Po Paris, c'est là qu'elle rencontre Jacques Chirac, qu'elle épouse en 1956.

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Bernadette et Jacques Chirac @ Derek Hudson

Elle a accompagné son mari tout au long de son parcours vers le palais de l'Élysée, jusqu'à sa victoire à l'élection présidentielle de 1995, obtenue lors de sa troisième tentative. Celle qui a fait l'objet d'un biopic reste à ce jour l’unique Première dame française à avoir exercé un mandat politique : conseillère générale de la Corrèze, où elle fut élue sans interruption entre 1979 et 2015.

Durant le premier mandat présidentiel de Jacques Chirac (1995-2002), elle reste d'abord relativement discrète. Elle joue toutefois un rôle essentiel dans sa réélection en 2002 et est très appréciée des élus de droite, qui recherchent son soutien lors des élections municipales et législatives.

Réputée plus stricte et conservatrice que Jacques Chirac, Bernadette Chirac était dotée d'un solide instinct politique et avait déjà mis Jacques Chirac en garde dès 1997 contre le risque que représentait la dissolution de l'Assemblée nationale. Elle attribuait cette décision au secrétaire général de l'Élysée de l'époque, Dominique de Villepin. Ce qui n’a pas empêché ce dernier d’honorer plus tard "la mémoire d'une femme libre, indépendante et profondément engagée".

Contrairement à son mari, elle a publiquement soutenu Nicolas Sarkozy, à qui Jacques Chirac n'a jamais pardonné d'avoir soutenu Édouard Balladur en 1995. Le mari de Carla Bruni a écrit sur X avoir perdu "une grande amie", "fidèle, courageuse, drôle, exigeante et affectueuse".