Cela fait maintenant un mois que Patrick Bruel est dans la tourmente. En cause, les révélations de Mediapart le 18 mars dernier. Au cours de cette enquête exclusive, huit femmes ont accusé l'artiste de viol, tentative de viol et/ou d’agression sexuelle.

Si l’affaire vient d'éclater, le chanteur avait déjà été mis en cause en 2019, après une séance de massage avec une esthéticienne de 21 ans, à laquelle il aurait demandé une prestation sexuelle. D’autres victimes présumées sont ensuite sorties du silence, évoquant des propos et autres gestes déplacés.

Alors qu’il est sous le coup de plusieurs enquêtes ouvertes par les parquets de Paris, Saint-Malo et de Mons, en Belgique, l’une des victimes présumées du chanteur a récemment pris la parole à l’antenne de TF1. Karine Viseur affirme avoir été agressée sexuellement par Patrick Bruel en 2010, à Bruxelles.

"Il m’a prise dans ses bras et a voulu m’embrasser. (…) Il m’a attrapée par les hanches, il a essayé d’abaisser mes bas collants, a baladé ses mains, les remontant sous ma robe", racontait-elle déjà auprès de Mediapart, lorsque le scandale a éclaté.

L’interprète de Casser la voix aurait demandé à la jeune femme de lui indiquer où se trouvaient les WC, avant d'en profiter pour l’agresser sexuellement, à l'abri des regards. "Il m’attire et m’enferme dans les toilettes. Je sens ses lèvres dans mon cou, ses mains qui remontent sur mes cuisses. Je finis par ouvrir la porte et m’enfuir, parce que c’est le terme, en ayant plus d’une fois dit non", s’était souvenue Karine Viseur.

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Patrick Bruel @ AFP

Des précisions glaçantes

Un mois plus tard, c’est à visage découvert que l’ex-attachée de presse belge a de nouveau évoqué cette première entrevue traumatisante face aux journalistes de TF1, se disant soulagée de pouvoir réclamer justice.

Je ressens une certaine sérénité. Le temps s’est arrêté le temps de quelques secondes en entendant ces mots.

A-t-elle confié au cours du reportage diffusé ce mercredi 15 avril, dans le JT de 20 heures de Gilles Bouleau, sur TF1.

Et de poursuivre :

On se dit qu’on est enfin écoutée, entendue. Là, maintenant, je me dis que les choses bougent.

L’enquête devrait prochainement déterminer ce qu’il s’est exactement passé le 23 avril 2010, lorsque Karine Viseur, alors âgée de 38 ans, était en compagnie de Patrick Bruel dans le cadre de la promotion du film Comme les cinq doigts de la main.

C’est un chasseur et nous sommes des proies. La gent féminine est une proie pour Patrick Bruel.

A-t-elle lâché, ajoutant que l’équipe du film aurait été témoin de ces agissements et lui aurait même demandé à plusieurs reprises d’y mettre un terme.

Un prédateur en roue libre ?

Sollicitée par France Télévisions à ce sujet, la quadragénaire a livré quelques détails supplémentaires, sur le plateau du 20 heures de France 2. Elle a ainsi affirmé avoir été malmenée par Patrick Bruel dans une loge, quelques minutes avant le passage à l’antenne de l'artiste.

Il m’attrape et vient se coller contre moi. Il m’enserre avec ses bras, je sens son souffle.

A déclaré Karine Viseur, qui s’est décidée à prendre la parole seize ans après les faits qu’elle dénonce, soutenue par d’autres plaignantes :

Je savais qu’on allait faire groupe et qu’on pourrait être entendues, ce qu’on n'aurait jamais pu faire il y a quinze ans.

Contacté par les équipes des deux chaînes, Me Christophe Ingrain a fait savoir que son client n’a "jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel". D'ailleurs, Patrick Bruel, qui s’est empressé de clamer son innocence, "affirme n’avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel", comme l'a rapporté son avocat.

Affaire à suivre.