Marjane Satrapi s’apprête à rejoindre sa dernière demeure. Dix jours après avoir annoncé sa disparition, les proches de l’auteure de bande dessinée ont informé des détails de ses obsèques, qui auront lieu d’ici quelques jours, dans la capitale.
Une cérémonie aura lieu le vendredi 19 juin 2026, à 13 heures, en la salle de la Coupole, au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, Paris XXème.
Peut-on lire dans un communiqué transmis à l’AFP. Un dernier rendez-vous auquel pourront se joindre les fans de la disparue qui souhaiteront honorer sa mémoire.
Sur les réseaux sociaux, où l’avis de décès a été publié, les internautes ont été nombreux à rendre hommage à Marjane Satrapi. On peut ainsi lire : "Peu importe qui est la famille, les amis de Marjane, sachez qu'elle était adorée et qu'elle comptait tellement pour tant de gens", "Chère Marjane, (…) Merci d’avoir fait connaître l’Iran par votre histoire. Ma fille porte votre prénom en hommage à votre œuvre et à une partie de ses origines. Reposez en paix auprès de votre grand amour".
Un amour infini
Le décès de Marjane Satrapi a été annoncé le 4 juin dernier. D’après les révélations de son entourage, elle ne se serait jamais remise de la mort de son mari, l’acteur suédois Matthias Ripa, qui a quitté ce monde le 8 avril 2025. "Marjane Satrapi est morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie", ont-ils indiqué.
Selon les informations du journal Le Point, victime d'une dépression sévère, elle avait choisi deux mois auparavant de se retirer dans une clinique à Munich, en Allemagne, afin de l'aider à faire son deuil.

Née le 22 novembre 1969 à Racht, en Iran, Marjane Satrapi est envoyée au lycée français de Vienne, en Autriche, en 1984, quelques années après la révolution islamique. Dix ans plus tard, elle s’installe en France, où elle étudie à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Elle trouve dans le dessin un moyen de raconter son parcours et celui du peuple iranien, qui n’a de cesse de lutter pour ses libertés.
Entre 2000 et 2003, Marjane Satrapi publie les quatre volumes de Persepolis, (éd. L'Association), où elle critique ouvertement le régime iranien. Une œuvre autobiographique dans laquelle elle retrace son enfance à Téhéran, la chute du Shah, ainsi que l’arrivée de la République islamique, qui a considérablement réduit les droits démocratiques des citoyens. Véritable succès, la saga a été traduite dans plusieurs langues et vendue à plus d’un million d’exemplaires en France.
Marjane Satrapi poursuit ensuite son analyse de la société iranienne avec Broderies, puis Poulet aux prunes. Ce dernier ouvrage a remporté le prix du meilleur album au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, en 2005.
Une reconversion réussie au cinéma
Alors que sa carrière d'autrice est au sommet, Marjane Satrapi décide de s'éloigner progressivement de la bande dessinée, expliquant avoir "besoin de nouveauté". Elle se tourne alors vers la peinture et le cinéma, domaines dans lesquels elle connaîtra le même succès. En 2007, elle adapte Persepolis sur grand écran, en collaboration avec Vincent Paronnaud.
Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, le film d'animation en noir et blanc a provoqué la colère des autorités iraniennes, qui ont réagi en dénonçant "un tableau irréel des conséquences et des réussites de la révolution islamique". Le long-métrage a cependant reçu le Prix du Jury à Cannes, ex æquo avec Lumière silencieuse de Carlos Reygadas. L'année suivante, il décroche deux César et a également été nommé pour l'Oscar du meilleur film d'animation.