Booder a commencé sa carrière d’humoriste au début des années 2000, en se produisant dans de petites salles parisiennes. C’est ainsi qu’il s’est fait repérer par le producteur Rachid Ould’Ali, qui lui a confié la première partie d’un des spectacles du regretté Mouss Diouf. En 2006, il écrit son premier one-man show, The one man show Booder, avent de faire ses premiers pas au cinéma. Il a ainsi joué dans les films Neuilly sa mère !, de Gabriel Julien-Laferrière, Beur sur la ville, de Djamel Bensalah ou bien Pattaya, réalisé par Franck Gastambide.
En 2024, les fidèles de TF1 découvraient Le Nounou, une nouvelle série tout public, qui met en scène Booder. L’humoriste franco-marocain prête ses traits à Samir, un homme au grand cœur, qui, après avoir enchaîné les galères, se reconvertit en tant que baby-sitter. Un synopsis qui a visiblement séduit le public puisque le quatrième épisode, diffusé le 23 février dernier, a réuni plus de 2 millions de téléspectateurs devant leur petit écran.
Un homme en pleine forme
Une belle success story pour celui qui est bien conscient d’avoir un physique atypique et a tout misé sur son humour dès son plus jeune âge : "C’était une manière de me faire accepter des autres", a-t-il confié à Audrey Crespo-Mara, dans l’émission Sept à Huit. Une manière de se faire accepter mais aussi d’éviter de se faire harceler à cause de sa taille (1,60m) et / ou de ses origines : "J’avais cette vanne facile qui me protégeait de la moquerie des autres", s’est-il souvenu.

Contrairement à ce beaucoup pourraient croire, Mohamed Benyamna, de son vrai nom, ne souffre d’aucune maladie génétique. "On m’a donné des noms de maladies extraordinaires", s’est-il amusé. Mais les rumeurs ne l’ont plus vraiment fait rire quand il a compris que certaines d'entre elles étaient prises très au sérieux :
Ça a commencé à moins me faire rire quand j’ai reçu des messages de parents qui avaient des enfants qui étaient vraiment malades et qui pensaient que leurs enfants avaient les mêmes maladies que moi. Moi, je n’ai pas de maladie. Et j’expliquais aux gens : je ne suis pas malade.
Comme il l’a déjà rappelé au cours de plusieurs interviews, son apparence n’est que le simple résultat de la génétique : "Le physique que j’ai, je ressemble à un oncle à moi dont je suis fier, qui était un docteur très connu dans sa région, au Maroc". D’ailleurs, Booder ne considère absolument pas son physique particulier comme un handicap, bien au contraire : "C’est une chance", a-t-il assuré.
En 2022, il a réalisé son premier long-métrage, baptisé Le Grand Cirque, en collaboration avec Gaëlle Falzerana. Dans ce film inspiré de son histoire personnelle et sorti l'année suivante, il joue le rôle de Momo, un comédien qui va devenir membre d'une association de clowns bénévoles qui rend visite aux enfants hospitalisés.
Un long combat
S’il n’est pas atteint de maladie génétique, Booder est toutefois né prématurément au Maroc, avec de graves problèmes respiratoires : "Le docteur qui arrive pense faire une naissance comme d’habitude, c’était le docteur du village, qui était aussi coiffeur, poissonnier, il faisait tout dans le village. (…) Sauf que l’enfant quand il arrive au monde c’est moi, et j’arrive au monde avec des difficultés de respirations, des bronchiolites. Je suis déjà tout de suite asthmatique", a expliqué celui qui refuse catégoriquement d’exposer sa vie privée.
On est en 1978, on est dans un village marocain, je suis tout petit, j’arrive pas à me nourrir, et le docteur dit à ma mère : "Cet enfant ne passera pas l’hiver". Mon père travaillait ici, en France. Ma mère lui a écrit pour lui dire : "Voilà ce qu’a dit le docteur". Et mon père a dit : "Non. Cet enfant va vivre. Tu vas venir et on va le soigner ici, en France".
Cinq mois après sa naissance, il arrive à Paris avec sa mère, où il se fera soigner pendant six ans à l'hôpital Necker. Booder a grandi dans le Xème arrondissement de Paris, dans le quartier de la Grange-aux-Belles, avec ses parents et ses trois frères.